Israël a encore nié !

10:419/06/2026, mardi
Abdullah Muradoğlu

Selon des informations parues dans les médias américains, le renseignement du Pentagone, la DIA, a relevé au niveau le plus élevé, celui de "critique" , son évaluation de contre-espionnage concernant les activités d’Israël à l’égard des États-Unis. Il est indiqué que ce niveau est même supérieur à celui appliqué à certains États que les États-Unis considèrent comme ennemis. Selon des sources s’étant confiées à NBC News et au New York Times, Israël a mené des activités d’écoute clandestine afin de

Selon des informations parues dans les médias américains, le renseignement du Pentagone, la DIA, a relevé au niveau le plus élevé, celui de
"critique"
, son évaluation de contre-espionnage concernant les activités d’Israël à l’égard des États-Unis. Il est indiqué que ce niveau est même supérieur à celui appliqué à certains États que les États-Unis considèrent comme ennemis.

Selon des sources s’étant confiées à NBC News et au New York Times, Israël a mené des activités d’écoute clandestine afin de savoir ce que Trump et son équipe se disaient, à huis clos, au sujet des négociations avec l’Iran. Dans ces articles, un haut responsable décrivait les activités de renseignement d’Israël comme inhabituellement "agressives" et "incontrôlées".


Parmi les personnes placées sous écoute par Israël figurent Steve Witkoff, Elbridge Colby et Michael DiMino. Witkoff est l’envoyé spécial de Trump pour le Moyen-Orient. Colby est sous-secrétaire à la Défense chargé de la politique, tandis que DiMino est le principal adjoint de Colby chargé du Moyen-Orient.


Une affaire qui rappelle le cas Pollard


L’ambassade d’Israël aux États-Unis a, pour sa part, soutenu qu’Israël ne recueillait pas de renseignements sur des responsables du gouvernement américain. Jonathan Pollard, analyste du renseignement au sein de la marine américaine, avait été pris en flagrant délit dans les années 1980 et avait passé 30 ans en prison. L
’"affaire Pollard"
fut l’un des plus grands dossiers de l’histoire du renseignement américain. Pendant de longues années, Israël avait nié le "lien avec le Mossad" de Pollard.

Pollard, qui avait transmis à Israël des valises entières de documents secrets, a bénéficié d’une libération conditionnelle en 2015. Dans le dernier mois du premier mandat de Trump, il a aussi été autorisé à se rendre en Israël. Pollard, transporté en Israël à bord du jet privé du milliardaire sioniste Sheldon Adelson, avait été accueilli à l’aéroport par Netanyahu.


Cette nouvelle affaire, révélée alors que les négociations avec l’Iran se poursuivent, montre à quel point Israël agit avec désinvolture. Les informations indiquent que les rapports du Pentagone ont été rédigés après la détection de logiciels espions sur les téléphones de soldats américains en Israël. Dans le rapport, il était indiqué que la raison pour laquelle Colby et DiMino étaient devenus des cibles des écoutes israéliennes restait incertaine.


La raison pour laquelle Israël a ciblé Colby et DiMino n’a pourtant rien d’un secret. Lorsque Trump a choisi Colby et DiMino pour des postes critiques au Pentagone, les sionistes et les néoconservateurs ont mené une campagne virulente contre ces deux noms. Dans les publications sionistes, il était indiqué que les républicains pro-israéliens s’inquiétaient de voir Trump nommer DiMino à une haute fonction au Pentagone.


Colby, DiMino et Witkoff dans le viseur


Selon les sionistes, Colby et DiMino ne font pas partie des "noms fiables" pour Israël. Colby est l’architecte d’une stratégie défendant l’idée que la puissance militaire des États-Unis doit se concentrer sur l’Asie-Pacifique. DiMino partageant la même vision, il avait intégré l’équipe de planification politique de Colby.


Colby et DiMino défendent une stratégie de
"priorisation"
pour la défense américaine. Dans cette stratégie, l’Europe et le Moyen-Orient, ainsi qu’Israël, ne sont pas prioritaires pour les États-Unis. Dans des articles rédigés avant sa nomination par Trump, DiMino soutenait que les États-Unis n’avaient pas d’intérêts vitaux au Moyen-Orient et que, pour cette raison, leur présence militaire en Irak, en Syrie et dans le Golfe devait être considérablement réduite. Ces deux noms étaient considérés comme des défenseurs d’une politique étrangère
"isolationniste".

En juin 2025, une tension entre le commandant du Commandement central des États-Unis, le CENTCOM, Michael Erik Kurilla, et Colby avait été relayée par les médias américains. Les articles indiquaient que le général Kurilla avait entrepris de déplacer des forces de l’Asie-Pacifique vers le Moyen-Orient afin de soutenir davantage Israël, mais que cette initiative s’était heurtée à la résistance de Colby.


Colby et DiMino sont également vus comme faisant partie du courant "America First", sceptique à l’égard des interventions militaires au Moyen-Orient. Les sionistes accusaient aussi Colby et DiMino de défendre des positions de
"colombes"
sur la politique iranienne. Le fait qu’Israël surveille Colby et DiMino découle évidemment des fonctions qu’ils occupent au Pentagone et des idées qu’ils défendent. Aux yeux des sionistes et des néoconservateurs, quiconque ne place pas Israël au rang de priorité est un ennemi potentiel.

Steve Witkoff, un juif américain qui n’est pas diplomate de carrière, participe quant à lui aux négociations avec l’Iran aux côtés de Jared Kushner, le gendre de Trump. Witkoff avait également été pris pour cible dans les publications sionistes lorsqu’il avait été nommé par Trump. Ces publications affirmaient que Witkoff constituait un choix risqué en raison de ses relations d’affaires avec le Qatar. Witkoff est connu comme l’homme des secrets de Trump.


Il apparaît que les manœuvres de Trump, qui relèvent d’un "un pas en avant, deux pas en arrière", découlent des contre-manœuvres d’Israël, qui connaît les détails confidentiels des négociations. Israël ne se contente pas de procéder à des écoutes clandestines : il utilise les informations obtenues pour faire échouer les négociations.

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