Festival International des Cultures Sahariennes: Quand le désert s’impose comme levier stratégique

Moussa Hissein Moussa
11:3720/02/2026, Cuma
Yeni Şafak

Le Festival International des Cultures Sahariennes, organisé à Amdjarass au Tchad, rassemble les peuples du Sahara autour d’un patrimoine vivant. Entre spectacles, artisanat et rencontres politiques, l’événement dépasse le cadre culturel pour s’affirmer comme un levier stratégique de développement et de coopération Sud-Sud. Les autorités tchadiennes, nigériennes et burkinabè ont souligné l’importance de faire du tourisme et de la culture des piliers économiques. Le FICSA contribue ainsi à repositionner le Sahara comme espace dynamique, porteur d’identité, de dialogue et de perspectives régionales.

Dans cette ville saharienne aux portes du désert, danses traditionnelles, concerts, expositions artisanales et rencontres institutionnelles ont rythmé une semaine placée sous le signe de la coopération régionale. Des troupes venues du Tchad, du Niger, du Burkina Faso et de Mauritanie ont partagé scènes et savoir-faire, dans une atmosphère à la fois festive et stratégique.


Le FICSA, une plateforme politique et économique


Au-delà des spectacles, le
FICSA
se positionne comme une plateforme politique et économique. Les autorités présentes ont multiplié les déclarations en faveur d’une reconnaissance accrue des cultures sahariennes comme patrimoine vivant de l’humanité, tout en soulignant leur potentiel touristique et économique.

À l’ouverture, la ministre nigérienne de l’Artisanat et du Tourisme, Aghaichata Guichene Atta, a insisté sur le rôle central de la culture dans un contexte mondial marqué par les crises sécuritaires, économiques et climatiques.


Selon elle, la culture demeure un espace de dialogue, de respect mutuel et de construction commune. Son intervention, ponctuée d’hommages aux femmes sahariennes, a trouvé un écho particulier auprès du public.


Elle a salué ces femmes comme gardiennes de la mémoire, transmettant chants, récits et techniques artisanales de génération en génération. À travers leurs activités de tissage, de cuisine, d’éducation et de préservation des traditions, elles assurent la continuité d’un patrimoine immatériel qui structure l’identité saharienne.


Culture saharienne et développement: une ambition politique affirmée


Le Premier ministre tchadien Allah Maye Halina a, de son côté, défendu une vision stratégique du Sahara. Pour lui, la culture et le tourisme doivent devenir des piliers du développement national, au même titre que les ressources naturelles.


Aux côtés des Premiers ministres du Niger et du Burkina Faso, il a exprimé la volonté commune de renforcer la coopération régionale autour de la valorisation du patrimoine saharien. L’objectif affiché est double: consolider l’identité culturelle et stimuler l’économie locale par le tourisme, l’artisanat et les industries culturelles.


Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud-Sud, fondée sur la mise en réseau des compétences, des marchés et des initiatives régionales. Le FICSA devient ainsi un outil diplomatique et économique, dépassant le cadre strictement culturel.


Pour Issouf Elli Moussami, coordinateur du festival, l’événement représente bien plus qu’une célébration folklorique. Il constitue un levier de développement territorial, capable de renforcer l’attractivité d’Amdjarass et de repositionner le Sahara comme espace stratégique, loin des représentations de marginalité.


Un Sahara vivant au cœur des enjeux contemporains


Le Sahara est souvent perçu à travers le prisme des défis sécuritaires et des crises humanitaires. Pourtant, le FICSA entend proposer une autre lecture: celle d’un espace vivant, porteur d’innovations culturelles et d’initiatives communautaires.


Les échanges organisés en marge des festivités ont porté sur la préservation du patrimoine immatériel, la formation des jeunes aux métiers culturels et l’intégration du tourisme saharien dans les stratégies nationales de développement.


La question de la reconnaissance internationale des cultures sahariennes a également été évoquée, notamment dans la perspective d’une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une telle reconnaissance permettrait de renforcer la visibilité du Sahara et d’attirer des investissements structurants.


Dans un contexte régional marqué par des recompositions politiques et des défis sécuritaires persistants, les organisateurs du FICSA défendent l’idée que la culture peut constituer un vecteur de stabilité. En créant des espaces de dialogue et de rencontre, le festival participe à la consolidation du lien social et à la promotion d’une identité partagée au-delà des frontières.


À
Amdjarass
, le désert ne se contente pas d’être un décor. Il devient acteur. Il chante, il raconte, il relie les peuples.

Le
FICSA
rappelle ainsi que le Sahara n’est pas un vide géographique, mais un espace de mémoire et de projection. Entre patrimoine et stratégie, culture et économie, il s’impose comme un laboratoire d’une coopération régionale renouvelée.

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