Barrot: «Rien ne justifie» les opérations israéliennes au Liban-Sud

La rédaction avec
10:278/06/2026, الإثنين
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Maud Bregeon (à gauche), porte-parole du gouvernement et secrétaire d'État chargée de l'Énergie et de l'Économie numérique, observe le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'exprimer lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres hebdomadaire, au palais de l'Élysée à Paris, le 3 juin 2026.
Crédit Photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Maud Bregeon (à gauche), porte-parole du gouvernement et secrétaire d'État chargée de l'Énergie et de l'Économie numérique, observe le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'exprimer lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres hebdomadaire, au palais de l'Élysée à Paris, le 3 juin 2026.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a estimé que «rien ne justifie» la poursuite des opérations militaires israéliennes au sud du Liban, qualifiant cette politique d'«erreur stratégique» contraire au droit international, selon ses déclarations à RTL.

Dénonciation de la présence israélienne au Liban

Interrogé sur RTL, Jean-Noël Barrot a affirmé que la France est
"sans doute le seul pays occidental à parler avec toutes les parties au conflit"
opposant les États-Unis et Israël à l'Iran. Il a indiqué presser les belligérants de
"conclure cet accord"
dont il a jugé la situation actuelle
"insoutenable"
, soulignant que le conflit
"a beaucoup trop duré et ne fait que des perdants"
.
Sur le Liban, le chef de la diplomatie française a précisé que
"rien ne justifie la poursuite des opérations militaires de l'occupation prolongée d'Israël au sud du Liban"
.
Il a qualifié cette politique d'
"erreur stratégique pour Israël"
, contraire
"au droit international"
et aux engagements pris lors des discussions préalables à
"l'accord qui vient d'être trouvé"
, ajoutant que
"chaque village qui est évacué, chaque village qui est bombardé et détruit, chaque civil qui est tué, ça affaiblit le Liban et ça renforce le Hezbollah"
.

Mission internationale pour le détroit d'Ormuz

Par ailleurs, M. Barrot a défendu l'initiative lancée conjointement par le président de la République française et le Premier ministre britannique, qui a permis de rassembler
"une cinquantaine de pays"
.
Cette mission internationale vise, selon ses termes, à créer les conditions d'une
"restauration très rapide du trafic maritime"
dans le détroit d'Ormuz dès que les conditions le permettront, dans un contexte de flambée des prix des hydrocarbures affectant le
"pouvoir d'achat"
et la
"vie économique et sociale de la nation".
Réfutant les accusations de désengagement formulées par Washington à l'égard de la France et de l'OTAN, il a affirmé que les États-Unis
"accueillent avec beaucoup d'intérêt"
cette initiative.
Il a décrit le conflit comme une guerre
"que nous n'avons pas approuvée, à laquelle nous n'avons pas participé, à laquelle nous ne sommes pas partis, qui nous impacte directement"
, justifiant ainsi le maintien d'une
"ligne de contact avec chacune des parties au conflit"
.

Sanctions contre l'Iran et levées éventuelles

Sur le volet des sanctions, le ministre a indiqué que l'Union européenne avait décidé d'inscrire le corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes et avait pris des sanctions à l'encontre de ses responsables,
"notamment ceux qui décident de ce blocage"
du détroit.
Il a précisé avoir procédé à un travail d'identification de ceux qui
"en Iran étaient responsables de la répression barbare contre le peuple d'Iran, mais aussi ceux qui par leur décision contribuaient à la situation telle que nous la connaissons aujourd'hui"
, ajoutant avoir été
"suivi"
par ses partenaires européens.
De plus, M. Barrot a prévenu que si des levées de sanctions devaient être envisagées dans le cadre d'une négociation sur le programme nucléaire iranien, ses missiles ou son soutien à des groupes qualifiés de terroristes, la France devrait
"être nécessairement associée à ce processus"
. Il a souligné que Paris devra
"donner son feu vert à de telles levées de sanctions"
, étant donné son rôle dans les décisions européennes.

Droit de veto à l'ONU et situation en Cisjordanie

Interrogé sur l'incapacité de la communauté internationale à mettre fin aux massacres, le ministre a désigné
"l'usage abusif du droit de veto par certains membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies"
, visant explicitement la Russie. Il a indiqué porter
"avec beaucoup de conviction"
une initiative visant à restreindre l'usage du droit de veto
"dans les cas d'atrocités de masse, crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre les plus graves"
.
En outre, s'agissant de la Palestine occupée, M. Barrot s'est dit
"extrêmement préoccupé par l'intensification de la colonisation illégale en Cisjordanie et l'explosion des violences des colons israéliens à l'encontre des Palestiniens"
, indiquant n'avoir
"jamais vu ça depuis des années et peut-être des décennies".
Il a précisé avoir poussé pour des sanctions contre les responsables de ces violences ainsi que contre les entités leur fournissant les moyens, depuis Israël, de
"chasser les Palestiniens de leurs terres, leurs récoltes, de détruire leurs bâtiments publics"
.
Selon la même source, l'UE avait adopté des sanctions européennes
"pour la troisième fois, le 28 mai dernier"
contre ces occupants. Il a averti que
"dans les prochains jours de nouvelles sanctions pourraient être prises"
contre les responsables de la colonisation.

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