Groenland: enjeux géopolitiques et réactions internationales

La rédaction avec
16:3820/01/2026, Salı
MAJ: 20/01/2026, Salı
AFP
Un drapeau groenlandais flotte au vent à Nuuk, au Groenland, ce 20 janvier 2026.
Crédit Photo : JONATHAN NACKSTRAND / AFP
Un drapeau groenlandais flotte au vent à Nuuk, au Groenland, ce 20 janvier 2026.

Le Groenland, l'une des plus grandes îles du monde, est un territoire autonome du Danemark depuis 1979. Il constitue une zone stratégique sur le plan militaire et recèle d’importantes ressources minérales. Il suscite, à ce titre, un vif intérêt de la part des États-Unis.

Intérêts stratégiques des États-Unis et le Dôme d’Or


Donald Trump considère le Groenland comme essentiel à la sécurité nationale américaine. Selon lui, le territoire joue un rôle clé dans un système de défense aérienne stratégique qu’il nomme le "Dôme d’Or".

D’après ses messages sur les réseaux sociaux, ce dispositif viserait à protéger l’Amérique du Nord et ses alliés contre toute menace aérienne ou nucléaire, et le Groenland serait un site central pour la surveillance et l’interception de ces menaces. Trump affirme qu’il faut posséder le Groenland pour empêcher la Russie ou la Chine de s’y implanter et que l’OTAN serait
"beaucoup plus forte et efficace"
sous contrôle américain.

Le Groenland, territoire stratégique de l’Arctique riche en ressources naturelles et situé à un carrefour géopolitique crucial, révèle ainsi les enjeux liés à la sécurité régionale, à la rivalité avec la Russie et la Chine et aux défis pour l’unité européenne et la défense de l’OTAN.


Menaces et mesures économiques


Face à l’opposition européenne, Donald Trump a annoncé des droits de douane contre huit pays: le Danemark, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède, les Pays-Bas et la Finlande.

Ces droits s’appliqueraient à hauteur de 10 % dès février 2026 et seraient portés à 25 % à partir de juin 2026, restant en vigueur jusqu’à la conclusion d’un éventuel accord portant sur
"l’achat complet et total"
du Groenland.

Publication de l’Agence France-Presse sur X.


Les réactions internationales


L’annonce de Trump a provoqué de vives réactions. En France, Emmanuel Macron a réaffirmé l’attachement de la France à la souveraineté nationale et aux principes de l’ONU, dénoncé les menaces tarifaires américaines et promis une réponse européenne coordonnée, tout en rappelant le soutien français à l’Ukraine et sa participation à des exercices décidés par le Danemark pour la sécurité arctique et européenne.

Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a souligné que l’avenir du Groenland ne pouvait être décidé que par le Groenland et le Danemark et a insisté sur l’importance de la coopération au sein de l’OTAN pour la sécurité de l'Arctique, affirmant que le Canada contribuerait en renforçant ses forces armées et ses investissements.

En Suède, Ulf Kristersson a dénoncé le
"chantage"
américain et appelé à une réponse coordonnée avec l’UE, la Norvège et le Royaume-Uni.
Le Danemark et le Groenland ont rejeté toute proposition de vente, réaffirmant la souveraineté danoise, tandis que des manifestations ont eu lieu dans les deux territoires avec des slogans tels que
"Le Groenland n’est pas à vendre"
.

Ces dernières heures, Donald Trump a poursuivi ses menaces contre l’Europe, dévoilant des messages privés échangés avec Emmanuel Macron et Mark Rutte, dans lesquels les dirigeants européens évoquent des négociations et la recherche d’une solution pour le Groenland. Trump a également menacé la France d’une taxe douanière pouvant atteindre 200 %.


Par
Chaïma Aissaoui

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