Japon: risques sismiques sous-estimés dans le nucléaire

12:016/01/2026, Salı
AFP
Un exploitant nucléaire japonais admet avoir pu sous-estimer les risques de séisme à Hamaoka, relançant les inquiétudes sur la sûreté après Fukushima.
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Un exploitant nucléaire japonais admet avoir pu sous-estimer les risques de séisme à Hamaoka, relançant les inquiétudes sur la sûreté après Fukushima.

L’exploitant d’une centrale nucléaire au Japon a reconnu avoir présenté aux autorités des données sous-estimant potentiellement les risques sismiques, alors que l’archipel relance son parc nucléaire près de 15 ans après la catastrophe de Fukushima.

La centrale nucléaire de Chubu Electric Power Co. à Hamaoka, dans le centre du pays, située dans une région exposée au risque de
"méga-séisme"
, fait actuellement l’objet de contrôles de sûreté réglementaires en vue du redémarrage de deux réacteurs.

Mais le président de l’opérateur, Kingo Hayashi, a déclaré tard lundi que le niveau du mouvement sismique maximal en surface que la centrale pourrait subir lors d’un tremblement de terre
"a peut-être été sous-estimé"
.

"Cet incident pourrait affecter gravement le processus d’examen de sûreté et miner la confiance des communautés locales et des autres parties prenantes dans notre activité nucléaire, et potentiellement en ébranler les fondements mêmes"
, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse convoquée en urgence.

Le Japon a fermé l’ensemble de ses réacteurs nucléaires après le triple désastre de Fukushima en mars 2011, combinant séisme, tsunami et accident nucléaire, sur fond de vives inquiétudes de la population.

Mais l’archipel, pauvre en ressources naturelles, cherche à réduire sa forte dépendance aux combustibles fossiles, à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et à répondre à la demande croissante d’électricité liée à l’intelligence artificielle. Ces objectifs ont conduit le pays à engager un retour progressif à l’atome civil.


Au total, 14 réacteurs ont déjà été remis en service après l’adoption de normes de sécurité renforcées. Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande centrale nucléaire du monde, devrait reprendre ses activités plus tard ce mois-ci, sous réserve de l’approbation finale de l’autorité nationale de régulation nucléaire.

L’estimation du
"mouvement sismique maximal en surface"
est cruciale pour la conception parasismique des centrales nucléaires.

En septembre 2023, le régulateur japonais avait approuvé l’estimation fournie par Chubu Electric. Mais en février 2025, l’autorité a reçu, de la part d’un lanceur d’alerte, des informations selon lesquelles l’entreprise
"aurait pu utiliser des données différentes de celles présentées"
au gendarme du nucléaire, a indiqué mardi à la presse Keiichi Watanabe, un responsable du régulateur.

Depuis, l’autorité a mené sa propre enquête avant de suspendre, fin décembre, le processus d’examen de sûreté de la centrale de Hamaoka. La question
"sera discutée lors de réunions ouvertes au public"
, dont la première est prévue dès mercredi, a-t-il précisé.

La centrale de Hamaoka se situe dans une zone susceptible d’être touchée par un séisme dans la fosse sous-marine de Nankai, où la plaque océanique de la mer des Philippines
"s’enfonce"
lentement sous la plaque continentale sur laquelle repose le Japon.

Les autorités japonaises estiment qu’un méga-séisme dans la fosse de Nankai, suivi d’un tsunami, pourrait provoquer la mort de jusqu’à 298.000 personnes et entraîner près de 2.000 milliards de dollars de dégâts.


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