Crédit Photo : ALAIN JOCARD / AFP
L'ancien président français Nicolas Sarkozy, accompagné de l'avocat français Sébastien Schapira, arrive au Palais de Justice de Paris le 11 mai 2026 pour son procès en appel.
Le parquet général a requis ce mardi la condamnation de Nicolas Sarkozy pour l’ensemble des faits pour lesquels il est jugé au procès libyen en appel, notamment pour corruption, financement illégal de campagne et recel de détournement de fonds publics libyens.
Au deuxième jour de son réquisitoire devant la cour d’appel de Paris, l’avocat général Damien Brunet a affirmé qu’
"il a bien existé un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi"
, estimant que des fonds versés par le régime libyen avaient servi à financer la campagne présidentielle de 2007 de l’ancien chef de l’État.
Selon l’accusation, cet accord prévoyait notamment des démarches visant à obtenir la levée du mandat d’arrêt international visant Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef du renseignement libyen condamné en France pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA en 1989.
Le parquet estime que Nicolas Sarkozy et son ancien secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant
"ont dévoyé les plus hautes fonctions de l’État"
dans le cadre de cette affaire.
L’accusation considère également que les comptes de campagne de 2007 ont servi de
aux opérations de corruption reprochées à l’ancien président.
"Dépositaire de l’autorité publique"
Le ministère public a aussi mis en avant plusieurs virements bancaires attribués au régime libyen vers des comptes liés à l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, après des rencontres organisées en Libye fin 2005 entre des proches de Nicolas Sarkozy et Abdallah Senoussi.
Lundi, le parquet général avait déjà requis la condamnation de l’ancien président pour association de malfaiteurs.
En première instance en 2025, Nicolas Sarkozy avait été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, mais relaxé des chefs de corruption, financement illégal de campagne et recel de détournement de fonds publics libyens.
Les juges avaient notamment estimé qu’il n’agissait pas, au moment des faits reprochés, en qualité de
"dépositaire de l’autorité publique"
au sens juridique du terme, mais comme candidat à l’élection présidentielle.
Le parquet général conteste cette analyse et estime au contraire que Nicolas Sarkozy disposait bien de cette qualité lorsqu’il était ministre de l’Intérieur puis président de la République.
Le procès en appel de Nicolas Sarkozy et de ses neuf coprévenus doit se poursuivre jusqu’au 27 mai devant la cour d’appel de Paris.
Les réquisitions sur les peines attendues contre l’ancien président doivent être formulées mercredi.
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