Nord-est de la RDC : la spirale des massacres fait plus de 80 morts en Ituri

La rédaction avec
10:1911/05/2026, Pazartesi
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Selon plusieurs sources locales, les attaques de représailles ont visé plusieurs villages du territoire de Djugu après une offensive de la CRP contre des positions des FARDC aux environs de Pimbo.
Crédit Photo : X /
Selon plusieurs sources locales, les attaques de représailles ont visé plusieurs villages du territoire de Djugu après une offensive de la CRP contre des positions des FARDC aux environs de Pimbo.

Au moins 80 personnes ont été tuées depuis fin avril dans plusieurs attaques attribuées à des groupes armés dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, selon des sources locales, sécuritaires et humanitaires.

Au moins 80 personnes ont été tuées depuis fin avril dans plusieurs attaques attribuées à des groupes armés dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, selon des sources locales, sécuritaires et humanitaires.

Le bilan le plus lourd concerne une série d’attaques menées le 28 avril dans le territoire de Djugu par des miliciens de la Codeco (Coopérative pour le développement du Congo), après des affrontements opposant la Convention pour la révolution populaire (CRP) aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans la localité de Pimbo.

Fond ethnique

"Le bilan provisoire fait état de plus de 70 personnes tuées"
, a déclaré Dieudonné Losa, coordonnateur de la société civile de l’Ituri. Des sources sécuritaires ont, pour leur part, évoqué 69 morts, parmi lesquels des civils, des miliciens et des militaires.

Selon plusieurs sources locales, les attaques de représailles ont visé plusieurs villages du territoire de Djugu après une offensive de la CRP contre des positions des FARDC aux environs de Pimbo.

La CRP, groupe armé actif dans l’Ituri, est souvent assimilée à la communauté Hema, tandis que la Codeco affirme défendre les intérêts de la communauté Lendu. Le leader de la CRP est un ancien condamné de la cour pénale internationale (CPI) de retour au pays après avoir purgé sa peine avant de récidiver.

Il a été dans l’histoire, la toute première personne à être jugé par cette cour.

L’insécurité persistante dans la zone a retardé le ramassage des corps pendant plusieurs jours.

"Jusqu’à présent, seuls 25 corps ont été enterrés. Plusieurs dépouilles restent encore abandonnées"
, a précisé Dieudonné Losa joint dimanche par Anadolu.
Dans un communiqué publié vendredi, l’association Ente, principale organisation représentative de la communauté Hema en RDC, a qualifié ces violences de
"massacre"
et appelé les populations à éviter toute représaille.

Autre attaque

Parallèlement, le bilan d’une autre attaque attribuée aux rebelles des ADF (Allied Democratic Forces), survenue le 7 mai à Biakato, dans le territoire de Mambasa, s’est alourdi.

Selon Rams Malikidogo, membre de l’ONG de défense des droits humains APDEF, au moins 21 civils ont été tués dans cette attaque, contre un précédent bilan de 15 morts. Plusieurs habitants sont également portés disparus après cette incursion meurtrière qui a touché plusieurs quartiers de Biakato.

Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à Daech, sont régulièrement accusés de massacres contre les civils dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Face à la détérioration de la situation sécuritaire, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a annoncé un renforcement de son dispositif dans les territoires de Djugu et d’Irumu.

Patrouilles de sécurisation

"Depuis le 4 mai, la MONUSCO a déployé plusieurs bases opérationnelles mobiles à Lipa et Lauju, dans le territoire de Djugu, ainsi qu’à Boga-village, Kasenyi et Mukasila, dans le territoire d’Irumu, afin de renforcer sa présence protectrice et sa capacité de réponse rapide face aux menaces sécuritaires"
, a déclaré le lieutenant-colonel Charles Idjiwa, porte-parole militaire de la mission onusienne.
Selon la MONUSCO, des patrouilles de sécurisation ont également été intensifiées à partir des bases de Fataki et Gina après l’attaque menée le 28 avril contre les positions des FARDC à Pimbo.

Province riche en ressources aurifères et frontalière de l’Ouganda, l’Ituri est le théâtre de violences armées récurrentes impliquant groupes communautaires et mouvements rebelles. D’après le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), près d’un million de personnes y sont déplacées internes.


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