
Trump a clairement affirmé que, sans se lancer dans une invasion totale du Venezuela, l’opération contre Maduro lui permettait de mettre la main sur les richesses pétrolières du pays. Il a ainsi montré sa détermination à maintenir l’Amérique dans une posture de puissance régionale dominante au lieu d’un leadership mondial. Sa politique étrangère nationaliste reflète une stratégie qui divise le monde en zones d’influence contrôlées par les grandes puissances.
Cette orientation comporte cependant des risques majeurs. Elle pourrait encourager la Russie et la Chine à agir plus librement dans leurs propres sphères d’influence. Les messages envoyés par Trump suggèrent implicitement que ces acteurs pourront opérer plus confortablement dans leurs "arrière-cours", ouvrant la voie à un nouvel équilibre incertain.
Les premières analyses laissent penser que Trump cherche avant tout à renforcer son autorité sur les acteurs de la région. Les menaces visant Cuba, le Mexique ou la Colombie montrent que Washington se perçoit comme un hégémon régional. Une telle approche, où le puissant décide seul des règles, ne promet ni stabilité ni justice durable.
Les opérations possibles de la Russie ou de la Chine dans leurs propres régions, et la simple condamnation verbale des États-Unis face à ces actions, pourraient entraîner les grandes puissances dans des impasses dont elles ne sortiront pas facilement. Un système où le fort a toujours raison produira inévitablement rivalités, tensions et désordre.
L’opération contre Maduro constitue une violation directe des principes les plus fondamentaux du système international, notamment le respect de la souveraineté nationale et l’interdiction de l’usage de la force en dehors du cas de légitime défense. Le choix américain d’ignorer ouvertement le droit international envoie un signal inquiétant à d’autres acteurs susceptibles d’adopter des comportements aventureux.
Personne ne doute des capacités militaires américaines. Mais en agissant ainsi, Washington renonce à la légitimité, même relative et formelle, que procure un cadre légal. Le refus de chercher une justification juridique à cette opération, et la volonté d’en faire un message politique dur, démontrent que l’administration Trump a basculé dans un nouveau mode d’action.
Si ce glissement vers un usage décomplexé de la force se poursuit, nous pourrions entrer dans une époque où les grandes puissances normalisent de plus en plus les interventions arbitraires. L’opération Maduro apparaît alors non seulement comme une démonstration de puissance, mais comme l’annonce d’un monde où le droit cède définitivement la place à la contrainte.
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