Enlever Maduro ne montre pas la puissance des États-Unis, mais leur banditisme

09:335/01/2026, lundi
MAJ: 5/01/2026, lundi
Yasin Aktay

Donald Trump a une fois de plus montré au monde ce que nous savons tous, mais que nous préférons parfois ne pas croire. Avec l’opération menée contre le Venezuela et l’enlèvement de son dirigeant élu, il a confirmé qu’il n’existe ni droit international ni justice internationale. Il n’y a que le droit du plus fort. Et ce plus fort s’arroge le pouvoir de nommer son propre droit comme il l’entend et de l’imposer à l’humanité entière. Entrer comme un pirate dans un pays indépendant, enlever son dirigeant

Donald Trump a une fois de plus montré au monde ce que nous savons tous, mais que nous préférons parfois ne pas croire. Avec l’opération menée contre le Venezuela et l’enlèvement de son dirigeant élu, il a confirmé qu’il n’existe ni droit international ni justice internationale.
Il n’y a que le droit du plus fort. Et ce plus fort s’arroge le pouvoir de nommer son propre droit comme il l’entend et de l’imposer à l’humanité entière.

Entrer comme un pirate dans un pays indépendant, enlever son dirigeant dans sa chambre, aux côtés de son épouse, constitue clairement un acte terroriste et une violation flagrante de toutes les règles internationales. Pourtant, l’opération a été annoncée au monde par ces mots:
"Maduro a été arrêté et devra répondre de ses crimes".

On peut qualifier de terroristes ceux qui défendent leur pays avec honneur, qui n’osent même pas faire couler le sang d’un civil dans leur lutte nationale, et dans le même temps continuer à traiter Israël, qui massacre des dizaines de milliers d’innocents, femmes et enfants compris, et pratique le génocide de la manière la plus barbare, comme un allié légitime. Qui pourrait s’y opposer?
Celui qui ose protester doit être prêt à porter l’étiquette de terroriste.

Un monde qui ne tourne pas sans mensonge


Nous savons que la communauté internationale est soumise à ce droit du plus fort. Pourtant, chacun continue d’entretenir un espoir, même fondé sur le mensonge. Les gens aiment ce mensonge. Le monde ne tourne pas sans lui. Le fait que toutes les luttes menées au nom de la légitimité reposent sur ce mensonge, en ignorant cette réalité évidente, est profondément douloureux.


L’enlèvement brutal du président vénézuélien depuis l’intérieur même de son palais, et l’exposition publique de son image menottée comme s’il était conduit à un procès, constituent une insulte à tous les gouvernements du monde. Les États-Unis disent ainsi à tous les pays qu’aucun n’a de véritable souveraineté, qu’ils peuvent intervenir où ils veulent, intégrer n’importe quel pays à leur propre système juridique et le juger à leur guise.


Le message adressé aux États souverains est clair. Mais est-il inévitable que ce message soit accepté par tous?

Cette opération ne prouve pas la puissance des États-Unis


Non, bien sûr. Même si l’image diffusée vise à transmettre ce message, elle ne prouve en rien la puissance des États-Unis. Ce qui a rendu possible cette opération n’est pas la force américaine, mais le fait que le Venezuela ait été infiltré de l’intérieur, avant même toute intervention de la CIA ou des États-Unis, par des traîtres internes. L’enlèvement de Maduro menotté n’a été possib+le qu’en raison de failles sécuritaires internes. Ces failles ne sont pas celles du peuple vénézuélien, mais celles des forces armées et d’une opposition collaboratrice déjà prête à tendre la main aux pots-de-vin qu’apporterait une occupation américaine.


Les États-Unis ont peut-être voulu adresser un message au monde à travers Maduro, mais que personne ne s’imagine qu’ils peuvent appliquer ce scénario partout et comme ils le souhaitent. Leur défaite récente en Afghanistan a montré à quel point ils sont impuissants face à l’esprit de résistance d’un peuple. Elle a aussi révélé qu’ils sont condamnés à l’humiliation face à l’amour de la liberté, à l’unité et à la détermination d’un peuple qui place sa confiance en Allah. En Irak, malgré les destructions et les massacres, ils ont fini par fuir avec la même défaite.
À Gaza, malgré leur soutien massif au régime sioniste israélien, ce qu’ils ont démontré face au peuple de Gaza et au Hamas, ce n’est rien d’autre qu’une humiliation.
Ils n’y ont prouvé qu’une chose: leur nature meurtrière, génocidaire, cruelle et sans règles. Tout le monde le savait déjà, mais le monde entier a compris qu’une communauté croyante rend dérisoire toute la puissance militaire derrière laquelle ils se cachent.

Le 15 juillet en Türkiye, les États-Unis ont échoué


La même opération tentée contre Maduro n’a-t-elle pas été essayée en Türkiye le 15 juillet 2016 par l’intermédiaire de collaborateurs internes? Mais le peuple de Türkiye, avec les éléments patriotes non corrompus des forces armées, s’y est opposé et a montré, par une résistance épique, que les États-Unis ne sont pas capables de mener partout les opérations qu’ils souhaitent.


Alors, où est le peuple vénézuélien dans cette affaire? Malheureusement, l’élément décisif ici n’est pas tant la réussite américaine que l’incapacité de Maduro à construire un esprit de défense nationale avec son propre peuple. Trump ne s’intéresse ni à la prétendue dictature de Maduro, ni à sa légitimité démocratique, ni même au trafic de drogue.
L’exemple afghan a montré que, durant l’occupation américaine, le pays était l’un des principaux producteurs mondiaux de drogue, et que cette production a été réduite à néant quelques mois seulement après la fin de l’occupation.
Personne n’ignore que le plus grand protecteur et trafiquant de drogue au monde est la CIA. Au Venezuela, le problème n’était pas la drogue, mais le fait que le pays possède les plus grandes réserves de pétrole au monde.

Sous un autre dirigeant, les États-Unis auraient justifié cette opération par le prétexte d’apporter la démocratie ou de libérer le pays d’un dictateur.
Trump, lui, ne cache même pas qu’il agit pour le pétrole, et il le raconte sans détour.

Maduro n’a pas su gagner son peuple


La raison profonde qui a fait de Maduro la cause apparente de ce que l’on présente comme un succès américain réside dans son incapacité à partager les immenses richesses du pays avec le peuple et à le rallier. Ce problème, commun à de nombreux dictateurs, ne relève pas seulement de choix personnels. Une véritable démocratie dérangerait encore davantage les États-Unis et l’Europe, car elle rendrait plus difficile la possibilité de
"débrancher"
un pays à volonté.

C’est précisément ce qu’ils n’ont pas pu faire en Türkiye. L’existence d’un pouvoir qui représente réellement son peuple et cherche à mettre les ressources nationales à son service réduit considérablement les risques d’ingérence extérieure.


Une opposition qui ouvre la porte à l’occupant


Au Venezuela, comme ailleurs, le problème fondamental reste l’opposition qui ouvre la porte à l’occupant de l’intérieur. N’est-ce pas déjà ainsi que l’Empire ottoman s’est effondré, avec ceux qui ont ouvert la voie aux Britanniques? Le 15 juillet, nous avons vu une opposition observer avec espoir l’opération visant à enlever Erdoğan. Aujourd’hui, cette même opposition prétend défendre Maduro, que Erdoğan appelle son
"frère"
, après l’avoir pourtant laissé seul. Est-ce vraiment par compassion pour Maduro?

Ignorent-ils qu’Erdoğan, même lorsqu’il entretient de bonnes relations avec Trump, n’a jamais hésité à s’opposer frontalement à lui sur de nombreux sujets? Gaza, la présence américaine en Syrie, le soutien aux FDS en sont des exemples évidents.
Erdoğan a fait de la maîtrise du moment, du lieu et de la manière de dire les choses une véritable marque personnelle.

Özgür Özel tente de pousser Erdoğan non pas à adopter une position bénéfique pour le pays, mais à l’entraîner, lui et la Türkiye, vers une impasse. Or Erdoğan est un dirigeant qui maîtrise sa parole et sait quand et comment s’exprimer. Il est impensable qu’il approuve l’attitude américaine, mais chaque mot doit être pesé au nom du pays qu’il dirige.


Si Özgür Özel considère réellement cette action américaine comme du banditisme, rien ne l’empêche de condamner Trump et les États-Unis de la manière la plus radicale. Qu’il dise que
"le monde ne peut être gouverné par des brigands"
ou que cette action ne montre pas la puissance des États-Unis, mais un banditisme qui les mènera à leur propre destruction.
Dans ce cas, nous l’applaudirions sans réserve et nous serions entièrement d’accord avec lui.
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