
Sorti le 10 février, Relooted plonge les joueurs dans un braquage futuriste pas comme les autres: récupérer de véritables artefacts africains conservés dans les musées en Occident. Derrière l’action, le jeu du studio sud-africain Nyamakop interroge un débat brûlant et bien réel: celui de la restitution du patrimoine africain.
L’objectif du jeu est de récupérer 70 véritables œuvres africaines, achetées ou volées durant la colonisation et exposées dans des musées occidentaux.
Toutes les œuvres présentes dans le jeu existent réellement. On retrouve ainsi, des bronzes du Bénin pillés par l’armée britannique, l’Homme de Broken Hill, un crâne vieux de 300 000 ans découvert en Zambie mais conservé au Muséum d’histoire naturelle de Londres, ou encore la célèbre sculpture The Bangwa Queen. Cette dernière, volée durant la colonisation, est exposée au Musée Dapper en France jusqu'à la fermeture du musée en 2017, mais reste conservée dans les collections de la Fondation Dapper à Paris, alors qu’une demande de restitution a déjà été formulée par le Cameroun.
Relooted fait écho au contexte politique et culturel actuel. La restitution des biens africains aux pays d’origine a fait l’objet de nombreux débats ces dernières années, notamment avec la loi adoptée par le Sénat français, qui autorise la restitution de certains trésors aux pays africains concernés.
En France, environ 90 000 objets provenant d’Afrique subsaharienne se trouvent dans des musées, selon un rapport commandé en 2018 par le gouvernement. L’idée derrière le jeu est de sensibiliser les joueurs à cette problématique.
La dimension africaine se retrouve également dans les personnages, leurs vêtements et la bande-son, afin de respecter la diversité culturelle des différents pays. Pour le studio Nyamakop, basé à Johannesburg, Relooted représente un double enjeu: proposer une nouvelle narration et marquer la place de l’Afrique dans l’industrie du jeu vidéo.
Par Chaïma Aissaoui










