
Trois personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées et des interpellations effectuées lors de manifestations consécutives à une opération de démolition dans un quartier précaire de Kinshasa, ont annoncé mercredi les autorités de la capitale de la République démocratique du Congo.
Les violences ont éclaté à Pakadjuma, un bidonville situé dans la commune de Limete, dans l’est de la ville, où les autorités urbaines ont lancé lundi une vaste opération de déguerpissement visant à libérer les emprises ferroviaires occupées illégalement.
Selon des témoins, des heurts ont opposé mardi des habitants aux forces de sécurité déployées pour encadrer l’évacuation.
Actes de pillage
La manifestation a ensuite dégénéré, marquée par des actes de pillage et de vandalisme. Une station-service, des motocyclettes, une usine d’eau potable ainsi qu’un sous-commissariat de police ont été pris pour cibles.
Mardi soir, la zone bâtie sur le site ferroviaire de l’ONATRA, l'office national des transports, était entièrement rasée, laissant derrière elle des habitations de fortune détruites et des biens abandonnés à même le sol.
Les autorités assurent que les occupants avaient été notifiés depuis plus de six mois de l’opération.
Une "évacuation brutale"
Le gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba a affirmé lors d'une descente sur le site, mardi, l'opération affirmant qu'elle était destinée à restaurer la sécurité, améliorer la salubrité publique et faciliter la circulation du train urbain.
Sur place toutefois, de nombreuses familles dénoncent une évacuation brutale, menée sans mesures d’accompagnement social suffisantes, et réclament des solutions de relogement durables.
Situé le long du quartier industriel de Kinshasa et près de l'aéroport militaire, le Bidonville Pakadjuma est un quartier malfamé, connu pour abriter des activités de prostitution, de trafic de drogue et d'hébergement des gangs.











