
La Jamaat-e-Islami du Pakistan, fondée en 1941 par Mevdudi, exerce depuis sa création — et depuis sa transformation en parti politique en 1956 — une influence culturelle et idéologique considérable dans la société. Pourtant, ce prestige ne s’est jamais véritablement converti en votes, un paradoxe constitutif de l’histoire du mouvement.
Élu l’an dernier à la tête de la Jamaat-e-Islami, Hafiz Naim ur Rahman tranche avec ses prédécesseurs, souvent issus des milieux traditionnels ou des madrasas. Né en 1973, ingénieur de formation, il incarne une génération urbaine, plus jeune, activiste, charismatique. Ancien responsable de la branche de Karachi, il possède une expérience de terrain qui indique clairement une volonté de renforcer l’ancrage du parti dans les grandes villes.
L’organisation reste extrêmement structurée et hiérarchisée. L’élection de Naim n’a pas été le produit d’un conflit interne, mais d’une transition douce, illustrant une capacité d’auto-réforme rare. Les puissantes branches jeunesse du parti contribuent à diffuser les valeurs de la Jamaat auprès de nouvelles générations, très actives et profondément engagées.
Le premier congrès sous l’ère Naim s’est tenu dans une ambiance beaucoup plus enthousiaste qu’à l’accoutumée. Des milliers de membres venus de tout le pays ont campé autour du Minar-e-Pakistan et dans la cour de la mosquée Badshahi. Hommes, femmes et enfants ont donné au congrès des allures de festival.
Un grand podium avait été installé face au Minar-e-Pakistan, accueillant des invités du Pakistan et de l’étranger. Grâce à une mise en scène soignée — écrans, sonorisation, organisation — des dizaines de milliers de participants assis à même le sol ont suivi, du crépuscule jusqu’à la nuit avancée, les interventions sans jamais perdre leur attention. Une scène inimaginable dans beaucoup de congrès politiques que nous connaissons, où plus personne ne reste après le discours du chef.
Le professionnalisme et la courtoisie des jeunes bénévoles chargés de l’organisation étaient remarquables. Comme au sein de la Jamaat du Bangladesh, la jeunesse militante pakistanaise se distingue par sa capacité, son enthousiasme, son intelligence. Chaque délégation avait un référent parlant sa langue. Pour la délégation turque, des jeunes maîtrisant parfaitement le turc — sans avoir jamais mis les pieds en La Türkiye — avaient été mobilisés, souvent grâce à leurs contacts avec la Fondation Maarif, l’IHH ou le centre Yunus Emre. Des jeunes comme Muhammed Dayem ou Muhammed Babür Aziz en sont les exemples.
Les femmes étaient également présentes en grand nombre, occupant les espaces qui leur étaient réservés et suivant les discours avec une réelle attention. Sur les drapeaux, les portraits du leader Hafiz Naim ur Rahman côtoyaient ceux du Pakistan — mais, surtout, les drapeaux palestiniens dominaient.
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