
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a réaffirmé qu’Israël ne quitterait pas la bande de Gaza et entendait y maintenir une présence permanente. Il a évoqué la création d’une large zone de sécurité et la possibilité d’implanter des avant-postes de colonisation Nahal dans le nord de l’enclave. Ces déclarations interviennent malgré un cessez-le-feu violé à plusieurs reprises et ont suscité l’irritation de l’administration américaine. Katz assume une stratégie de « souveraineté de facto » à Gaza et en Cisjordanie occupée.
S’exprimant lors d’une conférence éducative, Katz a déclaré qu’Israël maintiendrait une présence permanente à Gaza. Il a précisé qu’une vaste zone tampon sécuritaire serait établie autour de l’enclave, selon des propos rapportés par le journal Haaretz.
Israël affirme une présence permanente à Gaza
Le ministre avait déjà tenu des propos similaires mardi sur des projets de colonies dans le nord de Gaza. Selon les médias hébreux, ces déclarations ont irrité l’administration du président américain Donald Trump. Cette réaction aurait conduit Katz à en atténuer partiellement la portée, avant qu’il ne réaffirme sa position jeudi.
Israël a lancé une guerre dévastatrice contre Gaza en octobre 2023, avec le soutien des États-Unis. Plus de 71 000 Palestiniens ont été tués et plus de 171 000 blessés, en majorité des femmes et des enfants.
Bien qu’un cessez-le-feu fondé sur une proposition avancée par Trump soit entré en vigueur le 10 octobre, Israël l’a violé quotidiennement. Ces violations ont entraîné la mort de 411 Palestiniens, selon des sources locales.
Colonisation et souveraineté de facto
Depuis le début de la guerre à Gaza, Israël a intensifié les mesures d’annexion en Cisjordanie. Ces actions incluent des démolitions de maisons, des déplacements forcés et une expansion continue des colonies, selon les autorités palestiniennes.
L’annexion de la Cisjordanie mettrait fin aux perspectives d’une solution à deux États. Cette solution est pourtant soutenue par les résolutions des Nations unies dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
Environ 750 000 colons israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie occupée, dont près de 250 000 à Jérusalem-Est occupée. Des responsables palestiniens affirment que les colons mènent presque quotidiennement des attaques pour chasser les Palestiniens de leurs terres.
Katz a ajouté que sa vision inclut l’établissement de sites militaires Nahal dans le nord de Gaza. Il a également évoqué la création d’écoles religieuses et d’autres infrastructures.
Concernant la Cisjordanie, le ministre a reconnu que les conditions actuelles ne permettaient pas une annexion formelle. Il a toutefois confirmé la poursuite des déplacements de Palestiniens, du déploiement militaire et de l’expansion des colonies.
Tensions avec Washington et agenda régional
Mardi, Katz a déclaré à des dirigeants de colons que des avant-postes Nahal seraient établis sur des terrains d’anciennes colonies évacuées en 2005. Ces propos contredisent le plan de Trump, qui prévoit un retrait militaire israélien total de Gaza.
Selon les médias israéliens, Washington a exprimé sa surprise et sa colère au gouvernement de Benyamin Netanyahu. À la demande du Premier ministre, Katz a ensuite affirmé que le gouvernement ne cherchait pas à établir de colonies à Gaza. Cette déclaration a été perçue comme un recul, avant qu’il ne réitère sa position.
Les médias israéliens estiment que ces déclarations pourraient compliquer la visite prévue de Netanyahu en Floride. Il doit y rencontrer Donald Trump le 29 décembre. Les discussions devraient porter sur Gaza, l’Iran, le Liban et la Syrie.
Israël occupe depuis des décennies des territoires palestiniens ainsi que des parties de la Syrie et du Liban. Il rejette le retrait et la création d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, sur les frontières d’avant 1967.










