Crédit Photo : JOE KLAMAR / AFP
L'ancien député du FPOe Hans-Joerg Jenewein se tient aux côtés de l'ancien responsable des services secrets autrichiens Egisto Ott (à gauche) dans la salle d'audience au début de son procès devant le tribunal pénal de Vienne, en Autriche, le 6 novembre 2024, pour violation présumée du secret professionnel, première accusation dans une affaire très médiatisée impliquant des accusations d'espionnage russe.
Le parquet de Vienne a annoncé vendredi le dépôt d'une plainte à l'encontre d'un ancien agent autrichien soupçonné d'avoir agit pour le compte de la Russie et d'un élu du parti d'extrême droite FPÖ.
"Il est reproché à l'accusé d'avoir collecté sans mandat"
pour Moscou
"entre 2017 et 2021 des informations issues des bases de données policières"
autrichiennes, ont indiqué les procureurs dans un communiqué.
Egisto Ott, 63 ans, aurait notamment agit
du fugitif autrichien Jan Marsalek, recherché par la justice allemande après la faillite de la société Wirecard et aujourd'hui accusé, lui aussi, d'espionnage pour le Kremlin.
Selon les enquêteurs, il aurait par ailleurs remis à la Russie, contre la somme de 20.000 euros,
"un ordinateur sécurisé utilisé par des Etats membres de l'UE pour des communications électroniques"
.
Cette action aurait eu lieu en novembre 2022, soit après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, condamnée par l'Autriche, qui participe aux sanctions décidées à Bruxelles contre Moscou.
En outre, il aurait cherché à aider en 2019 à identifier des agents secrets soupçonnés par un ancien député du FPÖ d'avoir participé à une opération pour affaiblir politiquement l'extrême droite.
Egisto Ott est poursuivi entre autres pour abus de pouvoir, corruption, crime d'espionnage au détriment de l'Autriche et violation du secret professionnel.
Un policier l'ayant aidé est également poursuivi.
Tous deux risquent une peine de six mois à cinq ans de prison.
Aucune date n'a encore été avancée pour l'audience.
Cette décision du parquet ouvre la voie au principal procès concernant M. Ott, dans le viseur des enquêteurs depuis 2017.
En mars, il avait été relaxé des premières charges pesant contre lui, faute de preuves déterminant que des données transmises à l'extrême droite provenaient de sources internes.
Par le passé, il avait nié auprès de l'AFP toutes les allégations.
Le parquet a précisé que
"d'autres enquêtes sont toujours en cours le concernant".
Le passage de l'extrême droite au ministère de l'Intérieur entre 2017 et 2019 avait conduit plusieurs pays occidentaux à limiter leurs échanges d'informations avec l'Autriche.
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