Le président taïwanais quitte l'Eswatini après des pressions de Pékin

La rédaction avec
17:214/05/2026, lundi
AFP
Cette photo de presse, prise et diffusée le 2 mai 2026 par le Bureau présidentiel de Taïwan, montre le président taïwanais Lai Ching-te (au centre) accueilli par le Premier ministre d'Eswatini, Russell Mmiso Dlamini (au centre-droite), à son arrivée en Eswatini à l'aéroport international King Mswati III de Sikhuphe.
Crédit Photo : HANDOUT / TAIWAN PRESIDENTIAL OFFICE / AFP
Cette photo de presse, prise et diffusée le 2 mai 2026 par le Bureau présidentiel de Taïwan, montre le président taïwanais Lai Ching-te (au centre) accueilli par le Premier ministre d'Eswatini, Russell Mmiso Dlamini (au centre-droite), à son arrivée en Eswatini à l'aéroport international King Mswati III de Sikhuphe.

Lai Ching-te a quitté lundi le royaume d'Eswatini, unique partenaire diplomatique de Taipei sur le continent africain. Ce déplacement, initialement prévu en avril pour les célébrations royales, avait été reporté en raison de pressions exercées par la Chine sur les pays autorisant le survol. Le chef de l'État taïwanais a pu inspecter des projets de coopération bilatérale avant son départ à bord de l'appareil royal.

Un itinéraire contrarié par des obstacles aériens

Le voyage présidentiel, initialement calé du 22 au 26 avril à l'occasion du quarantième anniversaire d'accession au trône du souverain Mswati III et de son cinquante-huitième anniversaire, avait subi un report majeur.

Les autorités de Seychelles, Maurice et Madagascar avaient en effet annulé les autorisations de survol de l'avion présidentiel, cédant selon les autorités taïwanaises aux intimidations de Pékin. Cette ingérence diplomatique avait contraint les organisateurs à reconfigurer l'ensemble du périple africain.

Coopération économique au cœur de la visite

Parvenu finalement à destination ce week-end, Lai Ching-te a pu évaluer l'avancement d'infrastructures stratégiques financées par l'île démocratique.

Il s'est notamment rendu sur le chantier d'un dépôt pétrolier majeur avant de visiter un centre de conférences destiné à héberger un futur parc industriel. Ces projets matérialisent l'engagement taïwanais dans le développement de ce petit royaume d'Afrique australe, anciennement dénommé Swaziland.

Départ à bord de l'avion royal

Le chef de l'État est reparti lundi matin depuis l'aéroport principal du pays à bord de l'appareil personnel du monarque, selon des sources aéroportuaires locales. Ce démarquage protocolaire illustre les liens privilégiés entretenus entre les deux nations.

Ce périple constitue la première sortie internationale de M. Lai depuis sa tournée dans le Pacifique en novembre 2024, durant laquelle il avait transité par le territoire américain de Guam.

Isolement diplomatique croissant de Taipei

L'Eswatini demeure l'unique représentant du continent africain parmi les douze États qui maintiennent des relations officielles avec Taipei.

La République populaire de Chine, qui revendique l'île comme une province insoumise, a progressivement convaincu la quasi-totalité des nations africaines de rompre leurs liens diplomatiques avec le gouvernement taïwanais au profit de Pékin. Cette stratégie d'isolement s'inscrit dans une volonté plus large de réduire l'espace international de l'île.

Réaction virulente des autorités chinoises

Le ministère des Affaires étrangères de Chine n'a pas tardé à réagir au déplacement de Lai Ching-te, qualifiant son périple de
parodie d'évasion façon passager clandestin
. Dans une déclaration particulièrement acerbe, Pékin a affirmé que le dirigeant taïwanais s'était transformé en
risée de la communauté internationale
.

La Chine maintient sa position selon laquelle elle n'exclut aucune option, y compris militaire, pour réintégrer Taiwan dans son giron territorial.


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