
Un comité ecclésiastique palestinien a appelé les Églises du monde entier à intervenir de toute urgence afin de protéger les opérations humanitaires dans la bande de Gaza, mettant en garde contre les récentes restrictions israéliennes qui, selon lui, menacent le fondement même de l’action humanitaire et de la mission de l’Église.
Cet appel fait suite à la décision du gouvernement israélien d’annuler l’enregistrement de dizaines d’organisations internationales et de leur imposer la cessation de leurs activités d’ici mars, au motif de leur refus de transmettre des listes de personnel et de se conformer à de nouvelles procédures sécuritaires d’enregistrement.
Dans un message adressé aux Églises du monde, relayé par l’agence officielle Wafa, il a estimé qu’elle porte atteinte aux valeurs humaines fondamentales et à la mission de l’Église, tout en révélant une volonté systématique de cibler les organisations non gouvernementales internationales opérant à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem.
Khoury a souligné que le silence face à ces restrictions ne saurait être interprété comme une position neutre, mais plutôt comme un abandon moral.
Il a dénoncé le blocage de l’aide humanitaire à un moment où des centaines de camions de secours sont nécessaires quotidiennement, y voyant une violation grave du droit international humanitaire et une contradiction flagrante avec les principes chrétiens plaçant la dignité humaine au cœur de leur mission.
Il a exhorté les Églises à adopter une position claire rejetant l’interdiction et la mise à l’écart des ONG internationales, à exercer une pression morale et diplomatique pour l’ouverture des points de passage et l’acheminement de l’aide en quantités suffisantes, et à soutenir Gaza par des actions concrètes traduisant la foi en engagement.
Des organisations palestiniennes et internationales ont averti que le retrait des licences humanitaires aggraverait la souffrance des civils à Gaza, où Israël mène une guerre dévastatrice depuis octobre 2023.
Selon les autorités sanitaires, plus de 71 400 personnes ont été tuées et plus de 171 000 blessées, tandis que l’enclave a été largement détruite. Les Nations unies estiment le coût de la reconstruction à environ 70 milliards de dollars.
Israël maintient de strictes restrictions sur l’entrée de nourriture, de médicaments, de fournitures médicales et de matériaux d’hébergement dans la bande de Gaza, où près de 1,5 million de personnes sont déplacées sur une population d’environ 2,4 millions, vivant sous blocus depuis plus de 18 ans. Ces restrictions contreviennent à l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier.









