
Le candidat socialiste António José Seguro a remporté ce dimanche le second tour de l’élection présidentielle portugaise avec 66,6 % des voix, contre 33,3 % à son rival d’extrême droite André Ventura, selon les résultats officiels.
Le président français Emmanuel Macron a adressé dimanche ses félicitations au nouveau chef de l’État portugais António José Seguro, saluant sur le réseau social américain X sa victoire à l’élection présidentielle et affirmant la volonté de la France de renforcer la coopération bilatérale avec le Portugal, dans le cadre du traité d’amitié et de coopération signé à Porto.
Le retour de Seguro
Cette victoire du candidat du Parti socialiste intervient alors que la formation est en difficulté sur le plan parlementaire. À l’Assemblée de la République, elle a été dépassée par le parti d’extrême droite Chega ("Ça suffit"), fondé en 2019 par André Ventura, qui avait obtenu 31 % des suffrages lors des élections législatives de 2025, se plaçant en deuxième position derrière la coalition conservatrice du Premier ministre Luís Montenegro.
Ancien secrétaire général du Parti socialiste, devenu commerçant et enseignant, il s’est présenté comme un candidat de consensus et de stabilité institutionnelle, se tenant à distance des scandales.
Soutiens multiples
Le candidat socialiste a bénéficié, entre les deux tours, de soutiens allant de la gauche aux libéraux et à une partie de la droite modérée. Plusieurs responsables conservateurs, dont d’anciens dirigeants, ont appelé à voter pour lui, estimant nécessaire de faire barrage à l’extrême droite.
Au Portugal, le président de la République dispose de prérogatives étendues, parmi lesquelles le pouvoir de dissoudre le Parlement, de renvoyer un gouvernement, d’opposer son veto aux lois et de fixer la date des élections.
La victoire socialiste intervient toutefois dans un contexte social tendu. Si les indicateurs macroéconomiques sont jugés favorables par le gouvernement, près de deux millions de Portugais vivent dans la pauvreté.
Crise
Le pays est également confronté à une grave crise du logement, à des difficultés persistantes dans le système de santé et à l’émigration d’une partie de sa jeunesse diplômée. Les récentes catastrophes naturelles ont en outre mis en lumière des faiblesses dans la gestion des urgences.
André Ventura, malgré sa défaite, a salué un résultat qu’il juge en progression par rapport aux précédentes échéances électorales. La présence de son parti au second tour de la présidentielle confirme l’ancrage durable de l’extrême droite dans le paysage politique portugais.











