Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : Rachida Dati plaide pour des réformes structurelles

La rédaction avec
17:565/02/2026, jeudi
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La ministre française de la Culture Rachida Dati observe avant le début d'une audition devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public à l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, à Paris, le 5 février 2026.
Crédit Photo : Thomas SAMSON / AFP
La ministre française de la Culture Rachida Dati observe avant le début d'une audition devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public à l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, à Paris, le 5 février 2026.

Auditionnée jeudi par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, créée à l’initiative de l’Union des droites pour la République, Rachida Dati, ministre de la Culture, a estimé que "le statu quo n’est plus une option" pour le secteur public de l’audiovisuel, appelant à des "réformes structurelles" longtemps reportées.

La ministre a rappelé que l’audiovisuel public faisait face à des exigences élevées, dans un contexte de concurrence accrue des plateformes numériques, de transformation rapide des usages et de défiance d’une partie du public à l’égard des médias.

Les travaux de la commission s’inscrivent par ailleurs dans une remise en question plus large du modèle économique et de gouvernance du service public des médias.

Situation financière et gouvernance de France Télévisions

Interrogée sur la situation financière de France Télévisions, jugée
"critique"
par le rapporteur de la commission, la ministre a reconnu l’existence de programmes
"coûteux et non rentables"
, tout en soulignant que certaines missions de service public ne peuvent, par nature, être rentables.
Elle a réfuté toute accusation de dissimulation des comptes par des
"artifices comptables"
, assurant que
"tout a été fait en toute transparence"
et rappelant que le groupe dispose d’une autonomie de gestion, bien qu’il soit placé sous la tutelle de l’État. Selon elle, le critère déterminant reste le résultat d’exploitation hors événements exceptionnels.

Quatre enjeux majeurs identifiés

Rachida Dati a identifié quatre priorités pour l’avenir de l’audiovisuel public : renforcer son caractère distinctif, approfondir la transformation numérique, garantir le respect des principes juridiques de neutralité et d’impartialité, et accélérer les réformes de gestion.

Sur ces questions de neutralité, la ministre a renvoyé à la compétence de l'Arcom, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, évoquant toutefois la possibilité d’un élargissement de ses missions.

Financement et comparaison européenne

La ministre a défendu le niveau de financement actuel de l’audiovisuel public, estimant qu’avec un coût de 56 euros par an et par habitant, la France se situe
"dans la moyenne européenne"
. Elle a insisté sur l’exigence de transparence et de contrôle liée à l’utilisation de fonds publics.
Elle a également affirmé s’être opposée à une diminution plus marquée des crédits alloués au secteur, rappelant que l’audiovisuel public demeure
"indispensable"
pour garantir l’accès à l’information, à la culture et à la vie civique sur l’ensemble du territoire.

Climat tendu autour des travaux de la commission

Créée à la demande de l’Union des droites pour la République, parti allié du Rassemblement national favorable à une privatisation du secteur, la commission d’enquête travaille depuis fin novembre dans un climat tendu, marqué par des échanges conflictuels et des accusations croisées.

Au total, une cinquantaine de personnalités doivent être auditionnées sur une période de six mois, parmi lesquelles des dirigeants de médias, des journalistes et d’anciens ministres de la Culture.

Les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public s’inscrivent dans un contexte de remise en question du modèle économique et de gouvernance du service public des médias. La commission a débuté ses auditions fin novembre.

Depuis sa création, elle examine les conditions de financement, la gestion et l’avenir des sociétés publiques de l’audiovisuel, alors que la suppression de la contribution à l’audiovisuel public a conduit à un financement désormais assuré par le budget de l’État.

Cette évolution a ravivé les débats sur l’indépendance, la soutenabilité financière et les missions du service public dans un contexte de concurrence accrue des plateformes numériques et de transformation rapide des usages.


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