
Auditionnée jeudi par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, créée à l’initiative de l’Union des droites pour la République, Rachida Dati, ministre de la Culture, a estimé que "le statu quo n’est plus une option" pour le secteur public de l’audiovisuel, appelant à des "réformes structurelles" longtemps reportées.
La ministre a rappelé que l’audiovisuel public faisait face à des exigences élevées, dans un contexte de concurrence accrue des plateformes numériques, de transformation rapide des usages et de défiance d’une partie du public à l’égard des médias.
Situation financière et gouvernance de France Télévisions
Quatre enjeux majeurs identifiés
Rachida Dati a identifié quatre priorités pour l’avenir de l’audiovisuel public : renforcer son caractère distinctif, approfondir la transformation numérique, garantir le respect des principes juridiques de neutralité et d’impartialité, et accélérer les réformes de gestion.
Sur ces questions de neutralité, la ministre a renvoyé à la compétence de l'Arcom, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, évoquant toutefois la possibilité d’un élargissement de ses missions.
Financement et comparaison européenne
Climat tendu autour des travaux de la commission
Créée à la demande de l’Union des droites pour la République, parti allié du Rassemblement national favorable à une privatisation du secteur, la commission d’enquête travaille depuis fin novembre dans un climat tendu, marqué par des échanges conflictuels et des accusations croisées.
Au total, une cinquantaine de personnalités doivent être auditionnées sur une période de six mois, parmi lesquelles des dirigeants de médias, des journalistes et d’anciens ministres de la Culture.
Depuis sa création, elle examine les conditions de financement, la gestion et l’avenir des sociétés publiques de l’audiovisuel, alors que la suppression de la contribution à l’audiovisuel public a conduit à un financement désormais assuré par le budget de l’État.
Cette évolution a ravivé les débats sur l’indépendance, la soutenabilité financière et les missions du service public dans un contexte de concurrence accrue des plateformes numériques et de transformation rapide des usages.











