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Le Premier ministre britannique Keir Starmer reçoit des dirigeants du secteur des réseaux sociaux pour discuter de la sécurité des enfants en ligne, à Downing Street, dans le centre de Londres, le 16 avril 2026.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer fait face à une nouvelle vague d’appels à la démission, son gouvernement étant accusé d’avoir dissimulé des éléments dans le processus de nomination de l’ex-ambassadeur aux États-Unis Peter Mandelson.
La controverse a été relancée par des révélations de la presse britannique selon lesquelles le ministère des Affaires étrangères aurait accordé en janvier 2025 une habilitation de sécurité à Peter Mandelson malgré un avis défavorable du service chargé du contrôle des antécédents.
Downing Street a reconnu que des responsables avaient agi "contre la recommandation" de ce service, tout en affirmant que ni le Premier ministre ni son gouvernement n’en avaient connaissance avant cette semaine.
Dans ce contexte, le chef du gouvernement a limogé le plus haut fonctionnaire du Foreign Office, Olly Robbins, ancien négociateur du Brexit, et doit s’exprimer lundi devant le Parlement.
L’opposition a intensifié ses critiques. La dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a dénoncé une
, appelant à la démission du Premier ministre. Le leader libéral-démocrate Ed Davey a estimé que Starmer devait quitter ses fonctions s’il avait
"induit le Parlement en erreur"
.
Le chef du parti Reform UK, Nigel Farage, a quant à lui qualifié le limogeage d’Olly Robbins de
destiné à protéger le chef du gouvernement.
Dans le système parlementaire britannique, le fait de tromper sciemment les députés est considéré comme une faute grave pouvant entraîner la démission. Le cabinet du Premier ministre a toutefois rejeté ces accusations, assurant que
"le processus a été respecté"
et dénonçant un
.
Cette crise intervient alors que Keir Starmer est en déplacement à Paris pour une réunion consacrée à la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, zone stratégique du transport pétrolier mondial, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient.
Déjà fragilisé politiquement à l’approche d’élections locales début mai, le dirigeant travailliste voit cette affaire relancée après plusieurs semaines éclipsées par l’actualité internationale.
L’affaire Mandelson trouve son origine dans la nomination en février 2025 de cet ancien ministre comme ambassadeur à Washington, avant son limogeage en septembre de la même année.
Downing Street l’avait alors accusé d’avoir
"menti de manière répétée"
sur ses liens avec le financier américain Jeffrey Epstein, décédé en détention en 2019.
Des documents publiés en mars ont révélé que Keir Starmer avait été averti d’un
lié à ces relations avant la nomination. Parallèlement, la police britannique a ouvert une enquête pénale.
Le 23 février, Peter Mandelson a été arrêté pour
"suspicion de faute dans l’exercice de fonctions publiques"
, notamment pour avoir transmis des informations gouvernementales à Jeffrey Epstein, selon les enquêteurs. Il a été remis en liberté sous caution le lendemain dans l’attente de la poursuite des investigations.
Ces développements ont entraîné la démission de plusieurs conseillers du Premier ministre et ravivé des comparaisons avec l’Affaire Profumo, l’un des plus graves scandales politiques de l’histoire britannique.
Longtemps figure influente du Parti travailliste, Peter Mandelson, surnommé le "Prince des ténèbres" pour son rôle stratégique en coulisses, a depuis quitté ses fonctions politiques, mettant fin à une carrière de plusieurs décennies.
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