Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a fustigé, ce vendredi, "les partisans des bienfaits de la colonisation" et ceux qui, en France, continuent "de glorifier le colonialisme".
"Le peuple algérien commémore, en ce 8 mai, l’un des plus atroces massacres et crimes de génocide contre l’humanité de l’époque contemporaine. Il se remémore une page profondément empreinte de la haine coloniale, parmi les plus sombres que l’humanité ait connues, incarnant un mépris flagrant du droit à la vie"
, a-t-il écrit dans son message à l’occasion de la commémoration du 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945.
Trois villes de l’est algérien, en l’occurrence Sétif, Guelma et Kharrata, ont été à l’époque le théâtre de tragiques évènements qui ont coûté la vie à des milliers de civils algériens (45 000, selon le récit historique en Algérie), massacrés par l’armée coloniale française et des colons européens armés.
Les évènements ont commencé lorsque des algériens sont sortis, le jour de la victoire sur l’Allemagne Nazie, pour réclamer à leur droit à l’indépendance. Les manifestants, soulignent les historiens, ont été sévèrement réprimés.
"Un crime contre l’humanité"
Dans son message, Abdelmadjid Tebboune a dénoncé aussi
"un crime contre l’humanité"
.
"Cette page traduit une déchéance morale dépourvue de toute valeur civilisationnelle, dont des milieux extrémistes en France continuent jusqu’à aujourd’hui de se vanter et de défendre en brandissant, toute honte bue, le mensonge du ‘’colonialisme porteur de civilisation et de progrès’’"
, a-t-il lancé.
Dans un contexte de crise avec la France qui dure depuis juillet 2024, le chef de l’Etat Algérien
"a rappelé à l’extrême droite et à la droite française le passé sanglant du colonialisme en Algérie"
. Selon lui, à l’opposé total de ces
"allégations fallacieuses"
, les massacres du 8 mai 1945
"furent un génocide perpétré contre des Algériens sans défense, dont des femmes et des enfants, sur leur propre terre et dans leur propre patrie"
.
Poursuivant, il a rappelé que les Algériens massacrés étaient sortis pour réclamer leur
. Ils furent, ajoute-t-il,
"exterminés collectivement (45.000 martyrs) sous les bombardements de l’artillerie et les chenilles des engins militaires, avec une extrême froideur et une haine ardente"
.
"Les scènes d’horreur se multiplièrent: villages entiers incendiés, exécutions effroyables, des dizaines de martyrs entassés dans des fosses communes à Sétif, Guelma et Kherrata pendant plusieurs jours"
, a-t-il expliqué.
Ces
"scènes insoutenables, indélébiles de l’Histoire"
, enchaine-t-il,
"accablent leurs auteurs d’infamie et d’opprobre et condamnent les partisans de l’oubli et du déni, leurs descendants, de la faillite de position face à des vérités établies"
.
Le parlement algérien, rappelons-le, a adopté, il y a quelques mois, une loi criminalisant le colonialisme français en Algérie (1830-1962).
L’Algérie demande à la France officielle de reconnaître les crimes commis par l’armée coloniale pendant les 132 ans de la colonisation.
#Algérie
#Abdelmadjid Tebboune
#Colonisation
#France
#Massacres du 8 mai 1945