Syrie: les terroristes du YPG/FDS coupent l'eau à Alep

La rédaction
16:5412/01/2026, پیر
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À Alep, en Syrie, les destructions survenues dans le quartier de Cheikh Maqsoud, dernier secteur de la ville débarrassé du groupe YPG/FDS, après le rétablissement de la sécurité, le 12 janvier 2026.
Crédit Photo : AA / AA
À Alep, en Syrie, les destructions survenues dans le quartier de Cheikh Maqsoud, dernier secteur de la ville débarrassé du groupe YPG/FDS, après le rétablissement de la sécurité, le 12 janvier 2026.

À Alep, la coupure temporaire de l’eau potable a ravivé les tensions autour du contrôle des ressources hydriques en Syrie. Les YPG/FDS, qui dominent l’est de l’Euphrate, ont interrompu le fonctionnement d’une station clé alimentant la ville. Selon des experts, cette décision s’inscrit dans une stratégie de pression politique sur le gouvernement syrien. Les autorités locales et des centres de recherche dénoncent une atteinte grave aux civils, qualifiée de "punition collective", alors que plus de deux millions de personnes auraient été affectées.

Les terroristes du YPG/FDS, qui contrôlent environ un tiers du territoire syrien, dominent l’est de l’Euphrate et les principales ressources stratégiques du pays. Ces zones regroupent l’essentiel des ressources énergétiques, agricoles et hydriques, ainsi que plusieurs barrages majeurs.


L’organisation contrôle notamment les barrages de Tishrine, à l’est d’Alep, de Tabqa et de Baas, à l’ouest de Raqqa. Cette position lui confère une influence directe sur la production d’électricité et l’approvisionnement en eau.


Alep privée d’eau après l’arrêt d’une station clé


Le 10 janvier, les YPG/FDS ont interrompu les activités de pompage de la station de traitement d’eau d’El-Babiri. Cette installation est située sur les rives de l’Euphrate, entre Kafse et Maskana, à l’est d’Alep.


Le ministère syrien de l’Énergie a indiqué que cette station constituait la principale source d’eau potable pour Alep et ses zones rurales. L’interruption a provoqué des perturbations majeures dans l’ensemble de la province. Les autorités ont évoqué un impact direct sur la vie quotidienne et l’accès aux services essentiels.


Face à la multiplication des réactions, la station a finalement été remise en service.


Le directeur général des services des eaux d’Alep, Muhammed Jamal Diban, a précisé que 80 % des besoins en eau du centre-ville dépendaient d’El-Babiri. Le reste provient de la station située à Kafse.


"Nous avons besoin de contrôler les stations de traitement de l’eau. Elles doivent être rénovées et réorganisées. C’est ainsi que les problèmes d’approvisionnement en eau d’Alep pourront être résolus
", a-t-il déclaré.

Une coupure qualifiée de "punition collective"


Le directeur de la recherche du Centre Umran, Omer Ozkizilcik, a estimé que cette pratique relevait de la
"punition collective"
. Il considère également qu’elle constitue un
"crime de guerre"
au regard du droit international humanitaire.

"C’est une approche du type: 'Les YPG/FDS ont été expulsés d’Alep. En représailles, nous coupons l’eau des civils'"
, a-t-il déclaré. Selon les estimations d’organisations internationales, plus de deux millions de personnes auraient été affectées.

L’eau comme levier politique contre Damas


Le coordinateur des études sur le Levant au Centre d’études stratégiques du Moyen-Orient (ORSAM), Dr Oytun Orhan, a souligné que la perte des quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh avait affaibli la position des YPG/FDS à Alep.


Selon lui, cette situation contraint l’organisation à participer aux négociations politiques dans une position plus fragile.


"En contrepartie, l’organisation cherche naturellement à utiliser les leviers dont elle dispose contre le gouvernement syrien. L’un de ces leviers est son influence sur les ressources en eau"
, a-t-il expliqué.

Il a ajouté que le contrôle du bassin de l’Euphrate permettait aux YPG/FDS d’exercer une pression directe sur l’électricité et l’eau. Cette stratégie viserait à renforcer leur position dans les négociations avec Damas.


"Après Alep, Cheikh Maqsoud et Achrafieh, il est probable que le gouvernement syrien oriente ses opérations vers l’est de l’Euphrate afin de reprendre le contrôle des ressources. Cela représente un risque sérieux pour l’organisation"
, a-t-il conclu.

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