Un documentaire présenté à Sundance aux Etats-Unis fait écho à la mobilisation à Minneapolis

La rédaction avec
12:1129/01/2026, jeudi
AFP
Des manifestants entourent un fourgon des services d’immigration à Glasgow le 13 mai 2021 pour empêcher l’arrestation de deux hommes.
Crédit Photo : Andy Buchanan / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Des manifestants entourent un fourgon des services d’immigration à Glasgow le 13 mai 2021 pour empêcher l’arrestation de deux hommes.

Quand des agents de l'immigration sont venus arrêter deux hommes menacés d'expulsion, une communauté d'habitants s'est mobilisée contre la politique jugée inhumaine du gouvernement. Mais nous sommes en Ecosse en 2021, pas aux Etats-Unis en 2026.

Lorsque des agents de l’immigration ont tenté d’arrêter deux hommes menacés d’expulsion, des habitants se sont mobilisés pour dénoncer une politique gouvernementale jugée inhumaine. La scène se déroule pourtant en Écosse en 2021, et non aux États-Unis en 2026.

"Everybody to Kenmure Street"
, un documentaire présenté au festival du film de Sundance, dans l'Utah, raconte une mobilisation d'habitants de Glasgow. Elle rappelle celle des manifestants de Minneapolis, dans le Minnesota, révoltés par les opérations répressives de la police américaine de l'immigration (ICE) et la dureté de la politique migratoire du président Donald Trump.

Publication de Sundance Film Festival sur X.

Certes, le niveau de violence n'est pas le même: le 13 mai 2021 à Glasgow, personne n'est mort et les personnes arrêtées ont été relâchées, alors qu'à Minneapolis en janvier 2026, deux manifestants ont été tués par des agents fédéraux.

A Glasgow aussi, des habitants s'étaient rassemblés en nombre. Ils se sont amassés devant un fourgon de police où étaient détenus deux hommes sikhs d'origine indienne, pour demander leur libération.

"On n'était que cinq. Et puis très vite, on était dix, puis vingt. Et petit à petit, on était tellement nombreux qu'on ne voyait plus le bout de Kenmure Street"
, témoigne auprès de l'AFP Tabassum Niamat.

Cette habitante préparait la fête de l'Aïd el-Fitr, la rupture du jeûne après le mois de ramadan, quand elle a reçu des messages appelant à descendre dans la rue pour stopper les descentes de police à Pollockshields, une banlieue multiculturelle de Glasgow.


"Seul moyen d'avancer"


Puis, les habitants ont été rejoints par un avocat des droits humains qui a réussi à négocier la libération des deux hommes.

Le réalisateur du documentaire, Felipe Bustos Sierra, explique à l'AFP avoir recueilli pour son film des archives vidéo et photo d'environ 2.500 personnes qui étaient sur place, répondant à des appels à manifester sur les réseaux sociaux.

Un des manifestants s'est glissé sous le fourgon, où il est resté plus de huit heures pour l'empêcher de bouger.

"Van Man"
, comme il a été baptisé,
"a saisi une chance"
, dit le réalisateur.
"N'importe qui aurait pu le faire. N'importe qui doit le faire. C'est le seul moyen d'avancer"
, estime Felipe Bustos Sierra, qui a présenté son film en avant-première au festival de Sundance, deux jours avant qu'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, ne soit tué par la police fédérale à Minneapolis.

La mort de cet Américain, survenu peu après celle de Renee Good, une mère de famille, également abattue par la police fédérale, a enflammé les tensions et suscité une vague d'indignation à travers tous les Etats-Unis.

Malgré la différence de contexte, les policiers britanniques ne sont pas par exemple généralement armés, Tabassum Niamat juge qu'il y a des parallèles.

"Si on s'engage pour ses semblables, si on s'engage pour le bien de l'humanité, si on s'engage parce que l'on pense que ce qui se passe est injuste, on ressent immédiatement une connexion et on a envie d'être debout ensemble"
.

Le festival du film de Sundance se déroule jusqu'au 1er février.

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