Hantavirus : traçage des passagers du MV Hondius à Sainte-Hélène

La rédaction avec
15:497/05/2026, jeudi
AA
Cette vue aérienne montre des passagers observant du personnel de santé, hors champ, aider des patients à monter à bord d'un bateau depuis le paquebot MV Hondius, alors que celui-ci est à l'ancrage au large du port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 6 mai 2026.
Crédit Photo : AFP /
Cette vue aérienne montre des passagers observant du personnel de santé, hors champ, aider des patients à monter à bord d'un bateau depuis le paquebot MV Hondius, alors que celui-ci est à l'ancrage au large du port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 6 mai 2026.

L'opérateur néerlandais Oceanwide Expeditions a entamé le traçage de trente passagers ayant quitté le navire de croisière MV Hondius lors d'une escale sur l'île de Sainte-Hélène. Cette mesure intervient après la confirmation d'un foyer d'hantavirus ayant déjà fait trois victimes parmi les 150 personnes à bord, dont deux ressortissants turcs figuraient parmi les débarqués.

Le navire vers les Canaries sous haute surveillance

Le MV Hondius, navire arborant le pavillon néerlandais, a appareillé mardi soir du Cap-Vert en direction de l'archipel des Canaries, où il devrait accoster d'ici trois à quatre jours.

L'exploitant Oceanwide Expeditions a affirmé mercredi qu'aucun nouveau cas symptomatique n'avait été déclaré à bord parmi les quelque 150 personnes présentes.

Trois patients ont déjà été évacués par avions sanitaires vers les Pays-Bas, dont deux présentant des signes cliniques graves accueillis par des équipes médicales spécialisées. Les discussions se poursuivent avec les autorités espagnoles pour définir les modalités de quarantaine, de dépistage et de désinfection à l'arrivée du bateau.

Traçage des passagers débarqués à Sainte-Hélène

L'agence de voyage a précisé avoir établi ce jeudi le contact avec les trente voyageurs qui ont mis pied à terre sur l'île britannique de Sainte-Hélène le 24 avril, soit dix jours avant la confirmation officielle du premier cas à bord le 4 mai.

Parmi ces personnes figuraient notamment sept Britanniques, six Américains, trois Néerlandais, deux Canadiens, deux Suisses et deux ressortissants turcs, ainsi que des citoyens allemands, danois, néo-zélandais, singapouriens et suédois.

Le cercueil d'un passager décédé le 11 avril avait également été débarqué lors de cette escale atlantique. La compagnie poursuit par ailleurs les opérations de traçage concernant l'ensemble des passagers et membres d'équipage ayant embarqué ou quitté le navire depuis le 20 mars.

Inquiétudes autour de la souche Andes

Généralement transmis par les rongeurs via leurs excréments, leur urine ou leur salive, l'hantavirus peut provoquer un syndrome respiratoire aigu sévère. Cependant, les autorités sanitaires examinent attentivement l'hypothèse d'une transmission interhumaine limitée liée à la souche dite "Andes", seule variante connue pour pouvoir se propager d'humain à humain.

Cette souche particulière a été détectée chez un malade évacué vers Johannesburg, selon les autorités sud-africaines, ainsi que chez un patient hospitalisé à Zurich après un séjour en Amérique du Sud, ont confirmé les Hôpitaux universitaires de Genève.

Par ailleurs, les services français ont identifié un citoyen hexagonal comme cas contact, cette personne ayant partagé un vol aérien avec un passager infecté avant son hospitalisation.

Bilan sanitaire et coordination internationale

L'épidémie a déjà coûté la vie à trois voyageurs : un couple néerlandais et un passager allemand. Selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sept cas ont été recensés au total parmi les occupants du bateau, dont deux confirmations biologiques et cinq suspicions cliniques.

Les opérations de séquençage viral se poursuivent sous l'égide de l'OMS, des autorités sanitaires néerlandaises (RIVM), du ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas et de plusieurs ambassades concernées afin de déterminer précisément les conditions de propagation du foyer infectieux.

Tensions politiques autour de l'accueil du navire

L'imminence de l'arrivée du navire aux Canaries génère des frictions politiques significatives en Espagne. Fernando Clavijo, président de l'archipel, a exprimé publiquement ses réticences concernant un accostage à Tenerife, exigeant davantage d'informations sanitaires préalables.

Le gouvernement central de Madrid défend cependant cette décision au nom des principes humanitaires et du droit international, arguant que le Cap-Vert ne dispose pas des infrastructures médicales adéquates pour prendre en charge les patients infectés.


A lire également:

#hantavirus
#MV Hondius
#Oceanwide Expeditions
#Sainte-Hélène
#Canaries
#Fernando Clavijo
#OMS
#RIVM
#souche Andes
#transmission interhumaine