L’escalade autour de l’Iran prépare l’un des tournants les plus décisifs de l’histoire moderne. Les politiques démesurées de l’alliance entre Israël sioniste et les États-Unis évangéliques se heurtent à une résistance ferme en Iran. Face à cette situation, Washington et Tel-Aviv semblent s’engager dans de nouvelles dérives qui pourraient précipiter leur propre déclin. Le trio Trump-Hegseth-Rubio, main dans la main avec le trio Netanyahu-Ben Gvir-Smotrich, avance vers ce qui ressemble à une chute annoncée. Aux États-Unis, de plus en plus isolés, fragilisés dans leur crédibilité et leur hégémonie, des millions de personnes se mobilisent dans des milliers de villes. En Israël, les tensions internes s’intensifient. Pourtant, rien ne semble les arrêter.
Donald Trump multiplie des déclarations incohérentes, sans précédent dans l’histoire contemporaine. Ses contradictions, autrefois réparties sur une journée, se condensent désormais dans un même discours. Les propos perdent toute cohérence, frôlent le délire, et s’accompagnent d’un flot d’insultes sans limite.
La récente adoption d’une loi instaurant la peine de mort uniquement pour les prisonniers palestiniens, célébrée au sein de la Knesset par des députés sionistes radicaux, marque un tournant.
Cette mesure, qui nie ouvertement toute égalité devant la loi et relève d’une discrimination raciale assumée, ne suscite aucune réaction notable des capitales occidentales pourtant promptes à se présenter comme championnes des droits humains.
Peu d’illustrations sont aussi révélatrices de l’état moral du monde contemporain.
Une fuite en avant aux conséquences globales
Acculée, cette alliance sioniste semble s’enfoncer dans une logique de radicalisation. L’option d’une offensive terrestre prolongée apparaît de plus en plus probable, au risque d’étendre durablement le conflit. Une telle guerre ferait peser sur le monde des charges insoutenables, notamment en matière d’énergie, d’approvisionnement et de communications.
Si le conflit iranien devait s’inscrire dans la durée, les économies mondiales seraient confrontées à une stagflation sévère, combinant inflation et stagnation.
Les fermetures d’entreprises se multiplieraient, entraînant une hausse des prix et des pénuries massives. Un tel scénario ouvrirait la voie à une nouvelle ère de barbarie. Pourtant, tout indique que ces conséquences sont ignorées, voire assumées. Une offensive terrestre ne ferait qu’aggraver leur enlisement et leur discrédit, ce que toute analyse lucide permet d’anticiper. Cette trajectoire semble insoutenable à long terme, et il est probable que le monde finisse par imposer un coup d’arrêt à cette dérive politico-militaire.
Ni Trump ni Netanyahu ne semblent disposer d’un avenir durable.
Une transformation systémique en cours
Cette lecture repose toutefois sur une hypothèse rationnelle. Une autre possibilité, plus inquiétante, ne peut être écartée. L’histoire ne sépare pas toujours clairement le raisonnable de l’irrationnel.
Peut-on exclure que ces dérives servent à préparer l’acceptation, par les opinions publiques, d’une transformation profonde, radicale et globale du système mondial ?
Ce qui aurait autrefois été relégué au rang de théorie du complot ne peut plus être écarté avec la même facilité. Nous évoluons désormais dans un monde où les repères ont disparu. Si cette dynamique s’inscrit dans une logique dirigée, portée par une rationalité froide et systémique, alors la situation est encore plus grave. Dans ce cadre, les excès de figures comme Trump et Netanyahu pourraient être poussés à leur paroxysme.
Une extension du conflit, notamment via une offensive terrestre contre l’Iran, deviendrait alors un développement presque attendu.
Dès lors, la question ne se limite plus à leur avenir personnel, mais à ce qui viendra après leur disparition politique.
Le problème dépasse largement les figures de Trump ou Netanyahu. Il s’inscrit dans une crise systémique profonde du capitalisme. L’éventuelle élimination de ces dirigeants ne résoudrait en rien les contradictions structurelles du système. Les élites dominantes en ont pleinement conscience, comme l’ont laissé entrevoir les derniers échanges au Forum économique mondial de Davos.
Le monde tel que nous l’avons conceptualisé est en train de s’effondrer.
Les cadres intellectuels qui structuraient notre compréhension se désagrègent. Parallèlement, les forces productives connaissent une accélération spectaculaire. Comme l’avait anticipé Karl Marx, leur essor devient incontrôlable. La transition en cours ne se fait pas progressivement, mais de manière brutale et rapide.
Les nouveaux outils remplacent les anciens à un rythme effréné, transformant nos vies quotidiennes. Ils offrent un confort indéniable, mais la véritable question réside ailleurs : dans la manière dont ces transformations seront intégrées dans un nouveau système d’échange. Ni la production ni la consommation ne posent problème en soi.
Le cœur de la crise se situe dans la redéfinition des mécanismes d’échange et dans le type de division internationale du travail qui en découlera.
À cela s’ajoute une interrogation centrale : quelles structures politiques et culturelles accompagneront ce nouveau système, et quels rapports de pouvoir en émergeront ? C’est à ce niveau que se joue la rupture. Pour imposer ces nouvelles conditions, les anciens maîtres du système semblent engagés dans un processus de destruction. Ceux qui ont construit l’ordre existant participent désormais à son démantèlement.
Cette phase de destruction pourrait imposer à l’humanité une période de barbarie, préalable à l’acceptation d’un nouvel ordre.
Si ce monde en apparence chaotique est en réalité dirigé, alors la disparition de figures comme Trump ou Netanyahu ne produira qu’un soulagement temporaire.
Il faut s’y attendre, sans illusion excessive, et se préparer à des temps potentiellement plus sombres encore.