Affaire Jonathan Coulom : Martin Ney condamné à la perpétuité 22 ans après les faits

La rédaction avec
10:035/06/2026, vendredi
AA
Tout au long de la procédure, Martin Ney a contesté toute implication dans la disparition et la mort de Jonathan Coulom.
Crédit Photo : Grok / X
Tout au long de la procédure, Martin Ney a contesté toute implication dans la disparition et la mort de Jonathan Coulom.

La cour d’assises de Loire-Atlantique a condamné ce jeudi le ressortissant allemand Martin Ney à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de Jonathan Coulom, disparu en avril 2004 lors d’une classe de mer à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique).

Après plus de cinq heures de délibéré et trois semaines de procès, les jurés ont reconnu coupable cet homme de 55 ans, déjà condamné en Allemagne à la perpétuité pour les meurtres de trois enfants commis entre 1992 et 2001.

L’avocate générale Sophie Husson avait requis plus tôt dans la journée la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que le dossier révélait la
"signature criminelle"
de l’accusé et affirmant ne nourrir
"aucun doute"
sur sa culpabilité.
Originaire du Cher, Jonathan Coulom, âgé de 10 ans au moment des faits, avait disparu dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 alors qu’il participait à une classe de mer.
Son corps avait été retrouvé six semaines plus tard dans un étang de Guérande, à une trentaine de kilomètres du centre de vacances. L’enfant était ligoté, déshabillé et immergé sous un parpaing.

Une condamnation fondée sur un faisceau d’indices

L’enquête, qui s’est étendue sur plus de deux décennies et a donné lieu à 163 tomes de procédure, n’a jamais permis de mettre au jour de preuve matérielle directe ni d’ADN reliant Martin Ney à la scène du crime.

L’accusation s’est notamment appuyée sur le témoignage d’un ancien codétenu affirmant avoir recueilli les aveux de l’accusé en 2017, ainsi que sur plusieurs éléments jugés concordants par les enquêteurs et la cour.

Parmi eux figure le témoignage d’un agriculteur ayant déclaré avoir aperçu, à proximité des lieux, un homme circulant dans un véhicule immatriculé en Allemagne accompagné d’un berger allemand, un détail correspondant aux confidences attribuées à Martin Ney par son ancien codétenu.

L’avocate générale a également mis en avant les similitudes entre cette affaire et les crimes pour lesquels Martin Ney a déjà été condamné en Allemagne, notamment le ciblage de jeunes garçons dans des centres accueillant des enfants.

L’accusé a toujours nié

Tout au long de la procédure, Martin Ney a contesté toute implication dans la disparition et la mort de Jonathan Coulom.

Lors de sa dernière prise de parole devant la cour, il a de nouveau affirmé n’avoir
"jamais été à Saint-Brevin"
, ni enlevé, agressé ou tué l’enfant.

La défense avait appelé les jurés à acquitter l’accusé au bénéfice du doute, soulignant l’absence de preuve scientifique et rappelant qu’il avait déjà été mis hors de cause dans une autre affaire criminelle aux Pays-Bas.

Cette condamnation met un terme judiciaire à l’une des affaires criminelles les plus marquantes des années 2000 en France, reste non élucidée pendant plus de vingt ans.​​​​​​​


A lire également:

#Affaire Jonathan Coulom
#Allemagne
#France
#Martin Ney
#Pédocriminels