
Une pause dans les négociations a été décrétée dans la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Mais les 21 heures de discussions menées au Pakistan n’ont débouché sur aucun résultat. De nouvelles questions émergent quant à l’évolution du conflit :
Essayons d’y répondre, de notre point de vue.
Alors que les délégations américaine et iranienne se rendaient au Pakistan, une question préoccupait les experts familiers des coulisses : en général, avant une rencontre de haut niveau, des contacts préliminaires ont lieu et des accords partiels sont établis. Les dirigeants finalisent ensuite ces accords. Or, dans le cas des négociations entre Washington et Téhéran, aucun accord préalable n’existait. Les délégations sont parties sans base commune.
Qu’est-ce qui a alors poussé les deux pays à s’asseoir à la même table ? Les circonstances. Les États-Unis se sont sentis contraints de négocier en raison de la centralité de la crise autour du détroit d’Ormuz, des fortes turbulences de l’économie mondiale, des tensions liées à l’absence de résultats militaires et de la pression politique intérieure pesant sur Donald Trump.
Du côté de Téhéran, on observe une volonté de gagner du temps pour renforcer les capacités défensives, alléger la pression militaire et éviter de donner l’image d’un acteur qui fuit les négociations.
Cela montre que Washington cherche à maintenir le cessez-le-feu et à poursuivre les négociations. Selon Trump, l’Iran n’a pas quitté la table :
Je pense qu’ils reviendront et accepteront tout ce que nous demandons
(Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, interrogé lors de la table éditoriale de l’agence Anadolu, a estimé que les États-Unis et l’Iran faisaient preuve de sincérité concernant le cessez-le-feu, tout en soulignant le rôle perturbateur d’Israël.)
Le second enjeu concerne le détroit d’Ormuz. L’Iran souhaite modifier le régime du passage en compensation des pertes subies pendant la guerre et réclame la mise en place de droits pour les navires empruntant le détroit. Les pays du Golfe reconnaissent en privé qu’il s’agit du scénario qu’ils redoutent le plus.
Les États-Unis, quant à eux, exigent le maintien du statu quo d’avant-guerre. Aucun accord n’a été trouvé sur ce point.
À première vue, cette initiative peut apparaître comme une tentative de réduire les revenus pétroliers de l’Iran. Mais elle entraînera également une hausse des prix du pétrole. Elle envoie aussi un message clair aux pays dépendants du pétrole transitant par Ormuz, comme la Chine et l’Inde :
Contribuez à maintenir le détroit ouvert, sinon le coût augmentera aussi pour vous.
Cette décision affecte également les pays de l’OTAN et de l’Europe que Trump tente d’impliquer dans la gestion d’Ormuz.
Trump insiste pour que les pays de l’OTAN et d’Europe participent à cette guerre initiée sous la pression israélienne. Son attente est que ces acteurs viennent dans le détroit d’Ormuz et garantissent la sécurité de la navigation malgré l’Iran.
Mais est-ce réaliste ? Selon certaines analyses, une implication de l’OTAN reste peu probable. Des initiatives françaises existent, visant à construire un cadre avec des pays de l’Union européenne. Toutefois, ces efforts ne pourraient se concrétiser qu’après la fin de la guerre. Tant que le conflit se poursuit, aucun acteur ne souhaite s’y engager directement.
Existe-t-il des attentes vis-à-vis de la Türkiye dans ce cadre ? À ce stade, rien n’indique une demande claire. Si une force multinationale devait être mise en place après la guerre, la contribution de la Türkiye resterait probablement limitée à des fonctions de coordination plutôt qu’à un engagement opérationnel direct.
Une autre question mérite d’être posée : pourquoi Donald Trump adopte-t-il un ton dur envers l’OTAN tout en restant mesuré à l’égard de la Türkiye ?
Le président américain critique vivement l’OTAN pour son refus de s’engager dans le conflit. Pourtant, il utilise un langage respectueux vis-à-vis de la Türkiye, allant jusqu’à saluer récemment sa position. Lors de son échange téléphonique avec le président Recep Tayyip Erdoğan, il semble avoir maintenu cette distinction nette entre l’OTAN et la Türkiye.
Les États-Unis cherchent probablement à maintenir, au-delà de la guerre, une coordination avec Ankara dans des zones clés comme la Syrie, le Caucase et les Balkans.
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