Les prix du pétrole ont fortement augmenté après des frappes et menaces en mer Rouge, tandis que les tensions Iran-Israël et les décisions de l’OPEP+ pèsent sur le marché mondial.
Les prix du pétrole ont progressé d’environ 5 % lundi, alors que l’aggravation des tensions au Moyen-Orient a ravivé les craintes de perturbations de l’approvisionnement mondial. Toutefois, l’augmentation de la production décidée par l’OPEP+ a contribué à contenir une hausse encore plus importante.
Le Brent, référence internationale, s’échangeait à 97,69 dollars le baril à 09h42 (06h42 GMT), en hausse d’environ 4,9 % par rapport à sa clôture précédente de 93,09 dollars.
Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) gagnait quant à lui environ 4,5 %, à 94,49 dollars le baril, contre 90,54 dollars lors de la séance précédente.
Selon les autorités iraniennes, une frappe aérienne israélienne a visé lundi une installation pétrochimique à Mahshahr, dans le sud-ouest de l’Iran, causant des dégâts partiels sur le site.
Valiollah Hayati, vice-gouverneur de la province du Khouzistan chargé des affaires sécuritaires, a indiqué que des projectiles avaient touché la société pétrochimique Karun Mahshahr, endommageant une partie du complexe industriel. Aucune victime n’a été signalée, selon l’agence de presse officielle Mehr.
Parallèlement, des sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs zones du centre et du sud d’Israël après des tirs de missiles en provenance d’Iran, poussant les systèmes de défense israéliens à intercepter les projectiles entrants, a indiqué l’armée israélienne.
Des explosions ont été entendues dans plusieurs régions, notamment à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, alors que les opérations d’interception se poursuivaient.
Au cours de la nuit, l’Iran a lancé plusieurs vagues de missiles en direction d’Israël, déclenchant des alertes dans des villes du nord du pays. Les autorités israéliennes ont affirmé qu’une dizaine de missiles avaient été tirés, tandis que l’armée a indiqué avoir mené des frappes en représailles dans l’ouest et le centre de l’Iran.
Les tensions régionales s’étendent au-delà de l’Iran et d’Israël
Israël a également fermé temporairement son espace aérien après l’interception d’un missile tiré depuis le Yémen, selon la chaîne Channel 12. L’armée israélienne a précisé que ses systèmes de défense avaient neutralisé le projectile après le déclenchement des sirènes d’alerte dans la région métropolitaine de Tel-Aviv ainsi que dans certaines zones du centre et du sud du pays.
De son côté, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a annoncé l’interdiction immédiate du passage maritime de tous les navires liés à Israël en mer Rouge.
Les Houthis, soutenus par l’Iran et basés au Yémen, ont également revendiqué une attaque de missile contre Israël et averti que les navires israéliens naviguant en mer Rouge seraient désormais pris pour cible.
Yahya Saree a déclaré que son mouvement répondrait à ce qu’il qualifie d’« escalade israélienne » et a promis d’intensifier les attaques contre Israël.
L’intensification des échanges militaires entre l’Iran et Israël, combinée aux nouvelles menaces pesant sur la navigation en mer Rouge, soutient les prix du pétrole en renforçant les inquiétudes liées à d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement au Moyen-Orient.
La hausse de la production de l’OPEP+ limite la progression des prix
Dans le même temps, sept membres de l’OPEP+ ont convenu d’augmenter leur production pétrolière de 188 000 barils par jour (bpj) au total en juillet, conformément aux attentes du marché, ce qui a contribué à limiter la hausse des cours.
L’Arabie saoudite et la Russie enregistreront les plus fortes augmentations, avec 62 000 bpj supplémentaires chacune. Elles seront suivies par l’Irak avec 26 000 bpj et le Koweït avec 16 000 bpj. Le Kazakhstan augmentera sa production de 10 000 bpj, tandis que l’Algérie et Oman ajouteront respectivement 6 000 et 5 000 bpj.
Si cette hausse de production pourrait atténuer certaines inquiétudes liées à l’offre, les risques de perturbation dans le détroit d’Ormuz ainsi que les contraintes de capacité dans plusieurs pays producteurs continuent de soutenir les prix du pétrole.
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