Aux Emirats, Modi plaide pour un détroit d'Ormuz "ouvert et sûr"

La rédaction avec
18:1315/05/2026, Cuma
AFP
Le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed, a accueilli le Premier ministre indien Narendra Modi à Abou Dhabi.
Crédit Photo : X /
Le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed, a accueilli le Premier ministre indien Narendra Modi à Abou Dhabi.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a appelé vendredi à un détroit d’Ormuz "ouvert et sûr" lors d’une brève visite aux Émirats arabes unis, au moment où son pays fait face aux conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient.

M. Modi a été accueilli par le président Mohammed ben Zayed Al Nahyane à Abou Dhabi, première étape d’une tournée internationale qui se poursuivra aux Pays-Bas.

"Je suis venu dans ma deuxième maison"
, a déclaré M. Modi à son arrivée aux Émirats arabes unis, pays qu’il visite régulièrement et qui abrite une importante communauté indienne, forte d’environ 4,5 millions de personnes. Il en est reparti dans l’après-midi.

Ce déplacement intervient dans un contexte de fortes tensions sur les marchés de l’énergie. Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a entraîné une hausse des prix mondiaux du gaz et des carburants, mettant sous pression les économies fortement dépendantes des importations énergétiques du Golfe, dont l’Inde.

"Maintenir Ormuz libre, ouvert et sûr est notre plus haute priorité"
, a affirmé M. Modi, ajoutant que le respect du droit international était
"essentiel"
.

Diversification des partenariats


Troisième importateur mondial de pétrole, l’Inde s’approvisionne habituellement pour environ la moitié de son brut via le détroit, largement perturbé par la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février.


L’Inde et les Émirats ont convenu d’étudier une augmentation des capacités de stockage de pétrole du groupe émirati Adnoc en Inde jusqu’à 30 millions de barils, ainsi que le stockage de brut au port émirati de Fujaïrah dans le cadre des réserves stratégiques indiennes, selon un communiqué d’Adnoc.

"Cette visite a donné un élan majeur à la sécurité énergétique de l’Inde"
, a salué sur X le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal.

"La priorité de l’Inde devrait être de passer d’une relation énergétique classique acheteur-vendeur à un partenariat plus large de sécurité énergétique stratégique"
, a déclaré à l’AFP K. C. Singh, ancien ambassadeur indien en Iran et aux Émirats arabes unis.

En parallèle, M. Modi entend consolider la position de son pays dans une région du Golfe aux équilibres géopolitiques bouleversés.
"Les dissensions au sein du Conseil de coopération du Golfe, qui compte six membres, et l’affrontement ouvert entre l’Iran et les Émirats arabes unis ont modifié la géopolitique"
, souligne M. Singh.

Cette tournée de six jours, qui se poursuivra en Suède, en Norvège et en Italie, traduit la volonté de New Delhi de diversifier ses partenariats économiques et stratégiques tout en s’affirmant comme un pôle industriel et technologique majeur.

Volet climatique


Elle permettra d’
"approfondir le partenariat de l’Inde avec l’Europe (...) en particulier les liens commerciaux et d’investissement à la lumière du récent accord de libre-échange"
, a déclaré le ministère indien des Affaires étrangères.

L’Inde et l’UE ont signé en janvier un accord de libre-échange qualifié de
"mère de tous les accords"
.

Vis-à-vis des pays nordiques, l’Inde veut
"se positionner comme un partenaire fiable sur les plans économique, technologique et des énergies propres"
, explique à la presse Anil Wadhwa, ex-ambassadeur indien, notamment en Italie et en Pologne.

Aux Pays-Bas, les discussions porteront notamment sur le renforcement des échanges bilatéraux (23,7 milliards d’euros l’an dernier), ainsi que sur la défense, les semi-conducteurs, l’eau, l’agriculture et la santé.

Dimanche, Narendra Modi sera en Suède pour s’adresser à un forum de dirigeants d’entreprises européennes aux côtés de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, avant de se rendre en Norvège le lendemain pour un sommet entre l’Inde et les pays nordiques.


New Delhi, qui dispose d’une base de recherche arctique sur l’île norvégienne de Svalbard, suit de près les conséquences de l’ouverture des routes maritimes liée à la fonte des glaces due au changement climatique pour son trafic.

"La fonte des glaces a des conséquences directes sur la mousson en Inde et notre sécurité alimentaire"
, souligne le député indien Shashi Tharoor dans le quotidien Indian Express.

La dernière étape sera l’Italie le 19 mai, où M. Modi rencontrera la Première ministre Giorgia Meloni, avec laquelle il entretient une relation étroite.



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