Avec ses 31,37% des voix aux Européennes, le Rassemblement national a recueilli plus que le double de la Renaissance macroniste avec ses alliés (14,60), arrivée en deuxième position.
Le Parti socialiste, allié à Place publique, a relevé un peu la tête, avec ses 13,83, qui ont démenti ceux qui lui prédisaient un enterrement sans les honneurs, après ses cuisants échecs aux précédents suffrages.
Mais pas de quoi entacher le triomphe jamais obtenu par la formation de Marine Le Pen et sa tête d'affiche, Jordan Bardella.
Le pavé dans la mare du président
D'ailleurs, le socialiste Olivier Faure rappellera à Jordan Bardella, qui a tendance à tenir les immigrés pour responsables de tous les maux de la France, que neuf viols sur dix sont commis par des proches des victimes.
Quoi qu'il en soit, le soir même du 9 juin et juste après la proclamation des résultats des Européennes, Emmanuel Macron surprenait tout le monde, en annonçant la dissolution de l'Assemblée et l'appel à des législatives anticipées pour le 30 du même mois. Si de tout bord, l'étonnement était grand qu'il transposât aussi intempestivement l'enjeu de l'Europe à celui interne de la France, c'est son propre camp qui était le plus pris de court.
Les plus extrapolateurs ont même vu dans cet appel à des législatives anticipées le désir de provoquer une cohabitation pour empêtrer le Rassemblement national dans les tracas du pouvoir, en butte à des problèmes inextricables dont, entre autres, une très impopulaire réforme des retraites, une inflation qui appauvrit de plus en plus les Français et une dette insoluble de 3160 milliards d'euros (110% du PIB). Le jeter dans des eaux dont il ne connaît pas les courants, serait une rusée manière de le discréditer et de le mettre face à des crises qu'il n'a pas l'expérience nécessaire pour les gérer.
L'article 16, l'arme secrète de Macron
Mieux, jusque-là rares sont ceux qui évoquent l'arme que Macron pourrait brandir, au cas où la cohabitation avec l'extrême-droite venait à s'imposer, avec la véhémence -voire la violence- que cela provoquerait parmi les centristes, la gauche et une bonne partie de la population, surtout si Bardella se mettait à mettre à exécution le programme promis par son parti.
En effet, il suffirait de quelques troubles, sans besoins qu'elles atteignent ceux provoqués par les Gilets jaunes, pour que le président active l'article 16 de la Constitution qui lui octroie tous les pouvoirs "en cas de menace portée aux institutions, à l'indépendance, à l'intégrité territoriale ou à l'exécution d'engagements internationaux". Ce ne serait point étonnant que cela soit dans les calculs de Macron, quand il a décrété la dissolution de l'Assemblée, où en apparence, il avait tout à perdre. Ses multiples sorties versent dans ce sens...
La fenêtre d'Overton, il connaît...
Trois blocs irréconciliables
Quoi Qu'il en soit, la campagne électorale et les débats télévisuels de mardi et de jeudi derniers entre les trois blocs ont démontré la vérité qu'ils sont irréconciliables, ce qui augure de séances houleuses à l'Assemblée, où il n'y aura pas de majorité. Ils ont aussi révélé les limites des têtes d'affiche, Bardella (RN), Attal (Renaissance), Manuel Bompart - Olivier Faure (Nouveau Front populaire), mis à mal, chacun sur un des dossiers brûlants que sont l'immigration, les retraites, le pouvoir d'achat, la dette publique l'enseignement et le nucléaire.
Enfin, une inconnue... Les abstentionnistes se réveilleront-Ils et changeront-Ils la donne de toutes les préconisations et attentes? Seuls eux peuvent le faire.