Le processus vers une "Syrie nouvelle" s’est dessiné en 44 heures

La rédaction avec
17:3919/01/2026, lundi
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Les forces gouvernementales syriennes se déploient à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, le 19 janvier 2026.
Crédit Photo : OMAR HAJ KADOUR / AFP
Les forces gouvernementales syriennes se déploient à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, le 19 janvier 2026.

La dynamique ayant conduit au processus d’une "nouvelle Syrie" a été amorcée par les attaques menées par une organisation terroriste contre des zones civiles à Alep.

En réaction à ces frappes visant des quartiers résidentiels, l’armée syrienne a lancé, le 8 janvier, une opération militaire d’environ deux jours, à l’issue de laquelle elle a repris le contrôle des quartiers d’Eşrefiyye et de Cheikh Maksoud.


Face à la poursuite des attaques, notamment à l’aide de drones kamikazes contre des zones habitées d’Alep, et au renforcement militaire du groupe armé, l’armée syrienne a déclaré, le 13 janvier, les secteurs de Deir Hafir et de Maskanah, situés à l’ouest de l’Euphrate, zones militaires.


Malgré les tentatives d’obstruction des éléments du YPG/FDS, plus de 27 000 civils, principalement à Deir Hafir, ont pu être évacués temporairement grâce à un corridor humanitaire ouvert durant deux jours.


Le 16 janvier au soir, vers 22h00, l’armée syrienne a annoncé le lancement d’une opération contre les zones occupées à l’ouest de l’Euphrate. Moins de 24 heures plus tard, le 17 janvier, elle a repris le contrôle de Deir Hafir et de Maskanah.


Dans la foulée, l’opération a été étendue en direction de Tabqa. Le même jour, l’armée a également déclaré une nouvelle zone militaire atteignant les abords immédiats de Raqqa, à l’est de l’Euphrate, laissant présager une extension imminente de l’offensive. En soirée, les forces syriennes se trouvaient à environ cinq kilomètres de l’entrée de la ville. Le matin du 18 janvier, la ville stratégique de Tabqa est à son tour passée sous contrôle gouvernemental.

Après la reprise de ces zones, les tribus et les habitants de Deir ez-Zor et de Raqqa se sont soulevés contre l’organisation armée et ont apporté leur soutien aux opérations. Le 18 janvier, les tribus ont entièrement éliminé la présence du groupe terroriste dans la province de Deir ez-Zor, prenant le contrôle de la région, y compris des sites énergétiques majeurs que sont le champ pétrolier d’Omar et le champ gazier de Conoco.


Le mouvement de contestation s’est ensuite étendu à Raqqa, où tribus et civils ont largement libéré le centre-ville le même jour. Des tirs de snipers du groupe armé ont toutefois visé des civils célébrant cette reprise, faisant au moins quatre morts et plusieurs blessés.


À la suite de ces événements, l’armée syrienne a commencé, le 18 janvier, à traverser l’Euphrate vers l’est. Dans la soirée, ses unités sont entrées dans le centre de Raqqa, où le contrôle était déjà majoritairement assuré par la population et les tribus locales.


Parallèlement, un second front a été ouvert depuis la région frontalière de Tal Abyad, en direction des zones rurales de Raqqa et de Hassaké. Ces opérations ont permis le retour sous autorité gouvernementale de vastes territoires longtemps occupés par l’organisation terroriste, notamment à Deir ez-Zor, Raqqa et Deir Hafir.


L’opération militaire, d’une durée d’environ 44 heures, s’est conclue par la signature, le 18 janvier à 18h00, d’un accord global de cessez-le-feu et d’intégration totale entre le gouvernement syrien et le YPG/FDS.


Cet accord prévoit un arrêt immédiat des combats sur tous les fronts, le retrait des forces du groupe à l’est de l’Euphrate, ainsi que le transfert complet, administratif et militaire, des provinces de Deir ez-Zor et de Raqqa à l’État syrien. Les institutions civiles de la province de Hassaké seront également intégrées aux structures étatiques.


Selon les termes de l’accord, l’ensemble des ressources énergétiques et des postes-frontières passera sous contrôle de l’État, tandis que les membres du YPG/FDS seront intégrés aux forces de sécurité syriennes, entraînant de facto la dissolution des FDS.


À Ayn al-Arab, les unités lourdement armées seront démantelées et remplacées par une force de sécurité locale placée sous l’autorité du ministère syrien de l’Intérieur. L’accord prévoit en outre l’expulsion des membres non syriens du PKK et le transfert à l’administration syrienne des camps de détention de Daech jusque-là contrôlés par le groupe.


À la suite de l’accord, les combats ont cessé et un calme général s’est installé dans la région. L’armée syrienne a enfin annoncé avoir repris, sans affrontements, le contrôle du barrage de Tichrine, situé au sud-ouest de Manbij, précédemment occupé par l’organisation.


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