Un haut diplomate russe évoque une mise sous contrôle de l’Ukraine supervisée par l’ONU comme issue possible au conflit

La rédaction avec
19:2315/02/2026, dimanche
MAJ: 15/02/2026, dimanche
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Le président visite pour la première fois la région frontalière de Kursk depuis l'incursion ukrainienne en août.
Le président visite pour la première fois la région frontalière de Kursk depuis l'incursion ukrainienne en août.

La Russie est prête à discuter de l’instauration d’une administration extérieure de l’Ukraine sous supervision des Nations unies comme solution possible au conflit, a déclaré dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine.

Dans un entretien accordé à l’agence de presse d’État russe TASS, le diplomate a affirmé que l’ONU disposait d’une expérience pertinente dans d’autres pays.

"En principe, la Russie est prête à discuter avec les États-Unis, les pays européens et d’autres États de la possibilité d’introduire une administration extérieure temporaire à Kiev",
a-t-il indiqué.
Selon lui, un contrôle supervisé par l’ONU permettrait d’organiser des
"élections démocratiques"
en Ukraine et de conclure un
"traité de paix en bonne et due forme".
Mikhaïl Galouzine a rappelé que des administrations transitoires de l’ONU avaient été mises en place par le passé en Slavonie orientale, au Timor oriental, au Cambodge ainsi que dans d’autres territoires. Il a précisé que le transfert d’un territoire sous administration temporaire des Nations unies implique généralement plusieurs étapes, la première consistant en un accord entre les parties au conflit, tandis que
"la séquence des actions ultérieures et leur contenu spécifique peuvent faire l’objet de négociations".
L’Ukraine a auparavant catégoriquement rejeté l’idée d’un contrôle extérieur supervisé par l’ONU, dénonçant également les accusations russes d’illégitimité du pouvoir après l’expiration du mandat du président ukrainien Volodymyr Zelensky en mai 2024.

Le diplomate russe a appelé Kiev à organiser des élections, affirmant que Moscou serait prête à garantir l’absence de frappes le jour du scrutin en Ukraine. De son côté, Volodymyr Zelensky a conditionné la tenue d’un vote à l’instauration préalable d’un cessez-le-feu de deux mois.

Mikhaïl Galouzine a qualifié les attaques présumées ukrainiennes contre des régions russes lors de scrutins organisés ces dernières années de
"tentatives de perturber le vote",
tout en assurant que la Russie ne
"s’abaisserait pas"
à reproduire de telles actions.
Il a en outre accusé le président ukrainien de fraude électorale, estimant que ses décisions traduisaient
"un désir de rester au pouvoir".
Le responsable a rappelé qu’un groupe de travail avait été créé en Ukraine pour préparer des élections, tout en affirmant que
"personne ne prend de mesures concrètes et pratiques pour les organiser".

Enfin, commentant les initiatives de cessez-le-feu, il a déclaré que Kiev n’avait pas répondu à la proposition russe de créer un centre bilatéral de surveillance et de contrôle de la trêve, formulée lors des négociations d’Istanbul à l’été dernier.

Rejet d’un rôle européen dans le règlement du conflit

Mikhaïl Galouzine a rejeté la possibilité d’une participation européenne au règlement du conflit ukrainien, estimant que
"l’Europe, en raison de son parti pris idéologique et de son refus d’un dialogue direct avec la Russie, s’est elle-même privée d’une place à la table des négociations".
"Bruxelles, en refusant un dialogue direct avec notre pays, s’est en réalité privée d’une place à la table des négociations",
a-t-il insisté.
Interrogé sur les intentions de l’Union européenne de nommer son propre négociateur pour un dialogue avec Moscou sur l’Ukraine, le vice-ministre russe a indiqué que cette initiative
"est au stade de la discussion au sein de l’UE".
Selon lui, cette proposition émane de certains responsables politiques d’États membres et non des « eurocrates », tandis que "Bruxelles officiel" se montrerait
"plutôt réservé"
à l’égard de cette idée.
Mikhaïl Galouzine a également affirmé que
"les eurocrates sont absolument incapables de négocier",
soutenant qu’ils s’expriment exclusivement
"dans le langage des ultimatums",
exigent des concessions unilatérales et cherchent à infliger un
"maximum de dommages"
à la Russie.
Plusieurs pays de l’UE envisageraient la nomination d’un représentant spécial pour les discussions sur l’Ukraine, le président finlandais Alexander Stubb étant cité comme candidat potentiel, dans un contexte de préoccupations quant à une possible marginalisation de Bruxelles dans les négociations.

Le prochain cycle de pourparlers sur le règlement du conflit ukrainien doit se tenir les 17 et 18 février à Genève, dans un format trilatéral réunissant la Russie, les États-Unis et l’Ukraine.

Commentant ces discussions à venir, Mikhaïl Galouzine a indiqué que la Russie, les États-Unis et l’Ukraine étaient convenus de travailler
"sans fuites".
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