
Le Mamelodi Sundowns a pris une courte option sur le titre continental après sa victoire 1-0 contre l’AS FAR en finale aller de la Ligue des champions CAF à Pretoria. Mais la rencontre a surtout été marquée par une immense controverse autour de l’arbitrage de Jean-Jacques Ndala et par une panne de VAR ayant paralysé le match pendant près de 25 minutes. Entre contestations marocaines, tensions en tribunes et critiques contre la CAF, cette finale africaine s’est transformée en nouveau scandale institutionnel avant le match retour prévu à Rabat.
Le Mamelodi Sundowns a remporté dimanche soir le match aller de la finale de la Ligue des champions de la CAF face à l'AS FAR de Rabat sur le score étriqué de 1-0, au Loftus Versfeld Stadium de Pretoria. Une victoire qui place les Sud-Africains en position favorable avant la manche retour prévue le 24 mai au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Mais derrière le score, c'est une nouvelle finale africaine éclaboussée par les défaillances institutionnelles de la Confédération africaine de football qui restera dans les mémoires.
Modiba, l'éclair d'un coup franc
Dans une rencontre longtemps verrouillée par les Militaires marocains, venus à Pretoria avec l'idée d'un bloc bas et de contres tranchants, c'est sur une situation arrêtée que l'affaire s'est jouée. À la 37ᵉ minute, après une faute commise sur Tashreeq Matthews à l'orée de la surface, Aubrey Modiba s'est emparé du ballon et a déclenché une frappe enroulée vers le second poteau, ne laissant aucune chance au portier international marocain Ahmed Reda Tagnaouti.
Dominateurs au niveau de la possession, près de 75 % après une demi-heure de jeu, les hommes de Miguel Cardoso n'ont toutefois pas réussi à creuser l'écart. Tagnaouti, à plusieurs reprises décisif notamment sur deux tentatives de Muñiz, a maintenu son équipe en vie. Un coup franc de Mokoena à la 84ᵉ minute s'écrasera même sur le poteau marocain.
L'AS FAR, club aux onze sacres en championnat marocain et qui rêve d'une deuxième étoile continentale 41 ans après son unique sacre en 1985, repart finalement de Pretoria avec un déficit limité.
Le retour fracassant de Jean-Jacques Ndala
Mais le véritable feuilleton de cette finale aller s'est écrit en dehors du terrain. Et il porte un nom : Jean-Jacques Ndala. Le sifflet congolais, désigné par la CAF pour officier ce sommet continental, n'est pas un inconnu. C'est lui qui dirigeait, le 18 janvier dernier, la finale chaotique de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, la même enceinte qui accueillera la manche retour le 24 mai.
Une rencontre marquée par le retrait momentané des Sénégalais du terrain en signe de protestation, le penalty arrêté par Édouard Mendy, l'absence de cartons distribués aux joueurs revenus sur la pelouse, et une victoire finale du Sénégal en prolongation, plus tard requalifiée au Maroc sur tapis vert avant que les Lions de la Téranga ne saisissent le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Cette désignation, contestée formellement par l'AS FAR auprès de la CAF dès l'annonce, n'avait pourtant pas convaincu l'instance dirigée par Patrice Motsepe, par ailleurs propriétaire historique du Mamelodi Sundowns, un conflit d'intérêts régulièrement soulevé sans jamais être traité.
VAR en panne: 25 minutes de stupéfaction
Le scandale annoncé est arrivé. Avant le coup d'envoi de la seconde période, Jean-Jacques Ndala a convoqué au centre du terrain les deux capitaines, Ronwen Williams et Mohamed Hrimat, pour leur annoncer que la VAR ne fonctionnait plus. Stupéfaction des Marocains, qui ont catégoriquement refusé de reprendre la rencontre dans ces conditions, à plus forte raison dans une finale continentale et compte tenu de l'identité de l'arbitre principal.
S'ensuivent vingt à vingt-cinq minutes de négociations confuses entre Ndala, les officiels de la CAF et le staff technique des Militaires. Selon les images diffusées par beIN Sports, l'AS FAR aurait finalement accepté de reprendre, dans l'espoir d'un rétablissement de la technologie autour de la 70ᵉ minute. À la 67ᵉ, Ndala signifie d'un geste sans appel que la VAR ne fonctionnera plus de la rencontre.
La seconde période s'est ainsi jouée sans assistance vidéo, dans une finale de Ligue des champions africaine, en 2026.
Tribunes embrasées et pelouse douteuse
Les incidents ne se sont pas limités à la pelouse. Dans le secteur des supporters de l'AS FAR, des tensions ont éclaté avec les forces de l'ordre sud-africaines, équipées de boucliers anti-émeute.
Un collectif marocain a fait état de plusieurs blessés et de pertes de connaissance, accusant les services de sécurité du stade d'avoir frappé les supporters. Des images glaçantes ont également circulé montrant un supporter chutant des tribunes.
À cela s'ajoutent les critiques sur l'état de la pelouse du Loftus Versfeld, stade historiquement dédié au rugby et que la CAF a pourtant validé pour accueillir une finale de cette envergure.
Le retour de Rabat aura valeur de test
À sept jours du match retour, Mamelodi Sundowns conserve un mince avantage et la possibilité de décrocher une deuxième Ligue des champions, dix ans après le sacre de 2016. L'AS FAR, invaincue à domicile cette saison en compétitions continentales, peut encore renverser la situation devant son public au stade Prince Moulay Abdellah, précisément là où s'était joué le drame de la CAN 2025.
Mais au-delà du suspense sportif, c'est la crédibilité même de la CAF qui se joue dimanche prochain. Quatre mois après une finale de CAN traînée en justice devant le TAS, l'instance africaine offre au continent une finale de C1 sans VAR, arbitrée par un officiel jugé indigne par la FIFA pour le Mondial 2026, sur une pelouse contestée, avec des supporters tabassés en tribunes. Le football africain mérite mieux. Beaucoup mieux.










