Cobalt du Congo: ce que cache la fabrication de votre iPhone

La rédaction
18:599/01/2026, vendredi
Yeni Şafak

Quand vous achetez un iPhone, on vous parle de design, d’innovation et de technologies futuristes. Mais on ne vous parle jamais du début de l’histoire, de cet endroit, au cœur de l’Afrique, où tout commence : la République démocratique du Congo (RDC).

Le vrai prix de l’innovation: enquête sur le cobalt congolais


Ce pays produit à lui seul près de 70% du cobalt mondial, un métal essentiel à la fabrication des batteries lithium-ion présentes dans nos téléphones, ordinateurs et véhicules électriques. Sans ce minerai, pas de smartphone, pas de voiture électrique, pas même d’Apple Watch.


Derrière cette promesse de modernité se cache pourtant une réalité humaine bouleversante : travail forcé, exploitation d’enfants et violences sexuelles autour des sites miniers.


L’enfer du cobalt: enfants sous terre, femmes en danger


Dans les provinces minières de l’Est du Congo, jusqu’à 80% des mineurs sont des enfants, parfois âgés de seulement sept ans. À mains nues, ils creusent dans des tunnels instables, sans casque ni masque, pour gagner à peine 1 à 2 dollars par jour.


Chaque année, des effondrements de galeries emportent des dizaines de vies dans l’indifférence générale. Autour de ces mines, les femmes subissent un autre drame : viols, agressions, intimidations. Un prix tragique payé dans un climat d’impunité quasi totale.


Apple et la face cachée de la chaîne technologique


Les multinationales comme Apple affirment surveiller leurs chaînes d’approvisionnement et n’utiliser que des fournisseurs certifiés. Mais dans un système où le cobalt extrait de dizaines de sites est mélangé, la traçabilité devient presque impossible.


L’industrie le sait, et pourtant, elle continue de prospérer. Derrière ces circuits opaques, certains noms reviennent souvent. C’est le cas de Dan Gertler, homme d’affaires israélien accusé d’avoir obtenu des concessions minières congolaises via des contrats corrompus et sous-évalués, lui valant des sanctions américaines en 2017 sous le Global Magnitsky Act.


Des plaintes contre Apple: un signal fort venu du Congo


En décembre 2024, le gouvernement congolais a porté plainte contre Apple devant les juridictions française et belge. Kinshasa accuse la marque à la pomme d’avoir utilisé des minerais issus de zones de conflit, blanchis au sein de chaînes d’approvisionnement opaques.


Les avocats reprochent à Apple des
“pratiques commerciales trompeuses”
, estimant que la marque présente à tort ses produits comme éthiques alors que la réalité sur le terrain montre une tout autre histoire.

Apple nie ces accusations et affirme avoir demandé à ses filiales de suspendre tout minerai issu de la RDC ou du Rwanda, mais aucune preuve indépendante ne vient confirmer ces engagements.


L’illusion verte: le cobalt recyclé comme alibi


Face à la polémique, Apple communique désormais sur l’introduction progressive de cobalt recyclé dans ses produits. Une annonce qui sonne comme une réponse écologique et responsable.


Mais pendant que la marque soigne son image, des milliers d’enfants continuent de creuser dans les mines, et les femmes continuent de subir en silence.

Derrière chaque appareil, derrière chaque batterie, se cache une vérité dérangeante : l’innovation se paie au prix du sang et de la souffrance.


Un choix de société


La question n’est plus seulement de savoir quel téléphone vous utilisez, mais à quel prix humain il a été fabriqué. Car tant que ce système d’exploitation perdure dans l’ombre, le progrès technologique restera teinté d’injustice.


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