Sébastien Lecornu prépare l'hypothèse d'une dissolution en cas de censure

La rédaction avec
18:4710/01/2026, samedi
MAJ: 10/01/2026, samedi
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De gauche à droite, le président du Sénat français Gérard Larcher, le Premier ministre français Sébastien Lecornu et la présidente de l'Assemblée nationale française Yaël Braun-Pivet assistent à la séance d'ouverture officielle de la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, au palais de justice de Paris, le 9 janvier 2026.
Crédit Photo : Bertrand GUAY / AFP
De gauche à droite, le président du Sénat français Gérard Larcher, le Premier ministre français Sébastien Lecornu et la présidente de l'Assemblée nationale française Yaël Braun-Pivet assistent à la séance d'ouverture officielle de la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, au palais de justice de Paris, le 9 janvier 2026.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a donné instruction vendredi au ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, de préparer l’organisation technique d’éventuelles élections législatives anticipées pour les 15 et 22 mars prochains, selon la presse française. Cette décision intervient alors que l'exécutif est sous la menace immédiate de deux motions de censure émanant de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN).

Selon la source, une chute du gouvernement lors du vote prévu la semaine prochaine à l’Assemblée nationale serait
"en effet suivie d’une dissolution".
Cette même source précise que le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre sont
"d’accord à ce sujet".

"Il peut y avoir censure donc il peut y avoir dissolution",
insiste un responsable gouvernemental à Le Figaro , affirmant que l’Élysée et Matignon sont sur la même ligne.

Une possible concomitance des calendriers électoraux


Si ce scénario se confirmait, le scrutin législatif se tiendrait aux mêmes dates que les élections municipales, déjà prévues les 15 et 22 mars 2026. Cette concomitance inédite impose une préparation logistique accélérée de la part des services du ministère de l'Intérieur.


Le Mercosur au cœur de la crise


Le déclencheur de cette crise parlementaire est l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Bien qu'Emmanuel Macron ait réaffirmé l'opposition de la France à ce traité, les oppositions dénoncent une posture
"insuffisante"
ou une
"humiliation"
nationale.

Sous la pression des oppositions, le gouvernement de Sébastien Lecornu fait face à deux motions de censure: celle de La France insoumise, déposée vendredi, qui dénonce un bilan
"désastreux"
et l'incapacité de l'exécutif à s'opposer efficacement à l'accord Mercosur à Bruxelles, et celle du Rassemblement national, qui a déclaré qu’il déposerait une motion de censure contre le gouvernement, dénonçant une
"mise en scène"
de la part de l’exécutif et estimant que l’opposition affichée de la France au traité commercial est trop tardive et insuffisante.

Cette situation s'inscrit dans un climat de contestation sociale, notamment de la part du secteur agricole qui redoute les effets de l'accord UE-Mercosur sur la concurrence. L'avenir du gouvernement Lecornu dépend désormais de l'issue d'un vote à l'Assemblée nationale, où l'adoption d'une motion de censure nécessite une majorité absolue de 289 voix.


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