
Une majorité qualifiée d’États membres de l’Union européenne (UE) a approuvé vendredi à Bruxelles l’accord de libre‑échange entre l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay).
Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi, la veille du vote de Bruxelles, que la France voterait contre la signature du traité, invoquant le faible gain économique estimé par la Commission européenne (+0,05 % de PIB de l’UE à l’horizon 2040) et les risques pour les filières agricoles sensibles et la souveraineté alimentaire. Il a informé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, de cette décision.
Aux côtés de la France, l’Irlande a également annoncé qu’elle voterait contre le scénario proposé, jugeant que les mesures supplémentaires obtenues lors des négociations n’étaient pas suffisantes pour protéger ses agriculteurs et ses standards de production.
"La messe n’est pas dite"
L’accord UE‑Mercosur, négocié depuis 1999 et finalisé politiquement en décembre 2024, vise à créer l’une des plus grandes zones de libre‑échange au monde, regroupant plus de 700 millions de consommateurs.
Mobilisations des agriculteurs
Il prévoit la réduction ou la suppression d’une large part des droits de douane sur une gamme étendue de biens.
Le texte devrait notamment facilité les exportations européennes de voitures, machines, vins et fromages vers les pays du Mercosur.
Dans l’autre sens, il facilitera l’entrée en Europe de produits agricoles sud‑américains tels que bœuf, volaille, sucre, riz, miel et soja, ce qui suscite l’inquiétude des producteurs européens opposés à la concurrence de produits importés à bas coût.
Le processus d’adoption complète nécessitera le vote du Parlement européen avant toute mise en vigueur, ainsi que la ratification éventuelle par les États membres.











