
Un président qui qualifie de monstres des centaines de milliers de citoyens de l’État d’Israël n’est pas digne de la fonction présidentielle.
La part des Juifs laïcs et séculiers d’origine européenne dans la population israélienne diminue progressivement. La population des Juifs fondamentalistes, elle, augmente. Ce changement démographique est la conséquence du taux de natalité extrêmement élevé chez les Juifs ultra-orthodoxes.
Le premier Premier ministre d’Israël, David Ben Gourion, avait permis l’exemption du service militaire pour les Juifs étudiant dans les yechivas (écoles religieuses juives consacrées à l’étude de la Torah et du Talmud), afin de maintenir les ultra-orthodoxes à l’intérieur du système. À l’époque, comme les Haredim n’étaient pas très nombreux, ces concessions étaient tolérées. Aujourd’hui, elles sont devenues, pour les Juifs laïcs et séculiers, un fait politique insupportable.
On affirme que le nombre de Haredim refusant de faire leur service militaire représente une part importante des Israéliens en âge d’être incorporés chaque année. Des dizaines de milliers d’ordres d’appel sont envoyés, mais très peu de personnes obéissent à ces convocations. Si cette situation perdure, un effondrement sérieux du nombre de personnels est attendu en 2027. L’incapacité à combler le manque de soldats provoque la colère des réservistes appelés à servir encore et encore, ainsi que celle de leurs familles.
Dans les publications du sionisme religieux, on souligne que les Haredim ne sont pas les seuls à ne pas vouloir faire leur service militaire. Les sionistes religieux se plaignent du fait que les Haredim soient transformés en boucs émissaires. Selon ces publications, une part importante de ceux qui obtiennent un certificat d’exemption pour raisons de santé mentale sont des Juifs laïcs et séculiers. Ces mêmes publications affirment également que l’obtention de certificats d’exemption est devenue une activité très lucrative pour les avocats et les psychiatres.
Selon un sondage réalisé par l’Institut israélien de la démocratie, 98,5 % des Israéliens laïcs soutiennent l’imposition de sanctions contre les Haredim qui ne font pas leur service militaire. Les partenaires ultra-orthodoxes de Netanyahu menacent, eux, de quitter le gouvernement si les Haredim sont enrôlés de force. La plus grande crainte de Netanyahu est la rupture de son alliance avec les ultra-orthodoxes.
Pour combler son manque de soldats, Israël envisage même d’employer comme "mercenaires" certains groupes ethniques non juifs, y compris des Africains. Pour les sionistes religieux et racistes qui mettent en avant la prétendue "supériorité juive", une telle situation ne paraît guère acceptable. En somme, l’émigration vers l’extérieur, le manque de soldats et la séparation entre les laïcs-séculiers et les Haredim sont autant de cauchemars pour Israël. Les sionistes qui veulent effacer les Palestiniens de leur patrie en commettant un génocide sont aussi en train de s’effacer eux-mêmes.
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