La recrutement de soldats en Israël s’est transformée en crise !

09:1431/05/2026, dimanche
MAJ: 31/05/2026, dimanche
Abdullah Muradoğlu

En Israël, les "Juifs ultra-orthodoxes haredim" (courant juif ultra-orthodoxe attaché à une stricte observance religieuse et à l’étude de la Torah) qui refusent d’être soldats se retrouvent fréquemment face à la police. L’armée israélienne éprouve de très grandes difficultés à combler son manque de soldats, tandis que Netanyahu ne veut pas perdre le soutien des Haredim. L’armée israélienne se retrouve prise en étau entre le gouvernement et les Haredim. D’un autre côté, la "crise du service militaire"

En Israël, les
"Juifs ultra-orthodoxes haredim"
(courant juif ultra-orthodoxe attaché à une stricte observance religieuse et à l’étude de la Torah) qui refusent d’être soldats se retrouvent fréquemment face à la police. L’armée israélienne éprouve de très grandes difficultés à combler son manque de soldats, tandis que Netanyahu ne veut pas perdre le soutien des Haredim. L’armée israélienne se retrouve prise en étau entre le gouvernement et les Haredim. D’un autre côté, la
"crise du service militaire"
reflète également l’affrontement entre les Juifs laïcs et les Juifs ultra-orthodoxes. Les Juifs laïcs et séculiers d’origine européenne, qui constituaient un lien important dans les relations d’Israël avec le monde occidental, semblent avoir perdu une grande partie de leur influence.

La fracture entre Juifs laïcs et Haredim


Ainsi, le président israélien Isaac Herzog avait attiré l’attention, lors d’un programme organisé à Jérusalem-Ouest, sur un processus de
"monstrification"
qui progresserait des marges de la société israélienne vers son centre. Le ministre ultra-orthodoxe de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, avait quant à lui déclaré dans un message:

Un président qui qualifie de monstres des centaines de milliers de citoyens de l’État d’Israël n’est pas digne de la fonction présidentielle.


Israël, qui implose de l’intérieur, tente d’empêcher sa fragmentation en projetant la violence vers l’extérieur. Mais la division de la société israélienne s’approfondit avec la fuite du pays des Juifs jeunes et instruits. Parmi les Juifs d’Europe, la proportion de personnes nées en Israël a augmenté ces dernières années. L’émigration des Juifs vers Israël était un projet sioniste. Désormais, c’est une
"migration inverse"
qui se produit.

Selon une étude menée en 2025 par l’Institut israélien de la démocratie, un nombre important de jeunes Juifs envisagent de quitter le pays. Parmi ceux qui songent à émigrer,
43 % préfèrent les pays de l’Union européenne.
L’UE est suivie par les États-Unis et le Canada. Israël n’est plus un refuge sûr pour les Juifs. Malgré les affirmations selon lesquelles l’antisémitisme ressurgirait en Europe, le fait que les départs depuis Israël se poursuivent est un signe de la faillite du sionisme.

La part des Juifs laïcs et séculiers d’origine européenne dans la population israélienne diminue progressivement. La population des Juifs fondamentalistes, elle, augmente. Ce changement démographique est la conséquence du taux de natalité extrêmement élevé chez les Juifs ultra-orthodoxes.


Le premier Premier ministre d’Israël, David Ben Gourion, avait permis l’exemption du service militaire pour les Juifs étudiant dans les yechivas (écoles religieuses juives consacrées à l’étude de la Torah et du Talmud), afin de maintenir les ultra-orthodoxes à l’intérieur du système. À l’époque, comme les Haredim n’étaient pas très nombreux, ces concessions étaient tolérées. Aujourd’hui, elles sont devenues, pour les Juifs laïcs et séculiers, un fait politique insupportable.


On affirme que le nombre de Haredim refusant de faire leur service militaire représente une part importante des Israéliens en âge d’être incorporés chaque année. Des dizaines de milliers d’ordres d’appel sont envoyés, mais très peu de personnes obéissent à ces convocations. Si cette situation perdure, un effondrement sérieux du nombre de personnels est attendu en 2027. L’incapacité à combler le manque de soldats provoque la colère des réservistes appelés à servir encore et encore, ainsi que celle de leurs familles.


Le service militaire, nouveau champ de crise politique


Dans les publications du sionisme religieux, on souligne que les Haredim ne sont pas les seuls à ne pas vouloir faire leur service militaire. Les sionistes religieux se plaignent du fait que les Haredim soient transformés en boucs émissaires. Selon ces publications, une part importante de ceux qui obtiennent un certificat d’exemption pour raisons de santé mentale sont des Juifs laïcs et séculiers. Ces mêmes publications affirment également que l’obtention de certificats d’exemption est devenue une activité très lucrative pour les avocats et les psychiatres.


Selon un sondage réalisé par l’Institut israélien de la démocratie, 98,5 % des Israéliens laïcs soutiennent l’imposition de sanctions contre les Haredim qui ne font pas leur service militaire. Les partenaires ultra-orthodoxes de Netanyahu menacent, eux, de quitter le gouvernement si les Haredim sont enrôlés de force. La plus grande crainte de Netanyahu est la rupture de son alliance avec les ultra-orthodoxes.


Un autre sujet de plainte des Juifs laïcs et séculiers concerne le fait que les étudiants des yechivas, exemptés du service militaire, ne participent pas au marché du travail. Les subventions accordées aux yechivas font également l’objet de critiques. Les Juifs laïcs qualifient les yechivas de
"parasites".
Ces facteurs jouent également un rôle dans la fuite hors d’Israël des jeunes Juifs instruits, qui constituent une source importante de main-d’œuvre qualifiée.

Pour combler son manque de soldats, Israël envisage même d’employer comme "mercenaires" certains groupes ethniques non juifs, y compris des Africains. Pour les sionistes religieux et racistes qui mettent en avant la prétendue "supériorité juive", une telle situation ne paraît guère acceptable. En somme, l’émigration vers l’extérieur, le manque de soldats et la séparation entre les laïcs-séculiers et les Haredim sont autant de cauchemars pour Israël. Les sionistes qui veulent effacer les Palestiniens de leur patrie en commettant un génocide sont aussi en train de s’effacer eux-mêmes.

#Israël
#Haredim
#Netanyahu
#yechivas
#sionisme
#soldats