De l’invasion de l’Irak à la guerre USA–Israël–Iran : qu’est-ce qui a changé dans la région ?

10:523/03/2026, Salı
MAJ: 3/03/2026, Salı
İhsan Aktaş

L’invasion de l’Irak par les États-Unis fut la première tentative d’occupation globale après la fin de la Guerre froide. À la suite des attentats du 11 septembre, l’Afghanistan puis l’Irak furent envahis. Washington avait besoin d’un prétexte pour attaquer l’Irak. On affirmait que Saddam Hussein détenait des armes chimiques dangereuses et des armes de destructions massives. Parallèlement, des efforts étaient menés pour obtenir une résolution des Nations unies et pour former une coalition avec des

L’invasion de l’Irak par les États-Unis fut la première tentative d’occupation globale après la fin de la Guerre froide. À la suite des attentats du 11 septembre, l’Afghanistan puis l’Irak furent envahis.

Washington avait besoin d’un prétexte pour attaquer l’Irak.
On affirmait que Saddam Hussein détenait des armes chimiques dangereuses et des armes de destructions massives. Parallèlement, des efforts étaient menés pour obtenir une résolution des Nations unies et pour former une coalition avec des États occidentaux.

À l’époque, des experts formulaient l’analyse suivante : les États-Unis n’avaient plus besoin, comme durant la Guerre froide, de s’appuyer sur un principe de légitimité pour déclarer la guerre à un pays ; dès lors qu’ils y voyaient un intérêt, ils pouvaient envahir l’État de leur choix.

Lorsque l’offensive contre l’Irak débuta, la réaction fut exceptionnelle dans les pays musulmans comme dans les capitales occidentales.
À Londres, un million de personnes participèrent à une manifestation contre la guerre. Les opinions publiques du monde entier rejetaient l’occupation d’un État souverain par un autre. La conscience humaine n’était pas encore prête à accepter la brutalité.
On sait que l’Iran et l’Irak se sont affrontés pendant dix ans. Durant ce conflit, les États-Unis ont accumulé pour 1 000 milliards de dollars d’armes en Irak, financés par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe.
Une fois la guerre terminée, ces arsenaux furent perçus comme une menace pour Israël, et il fallut les neutraliser.
Pour envahir l’Irak, Washington obtint de ces mêmes pays 1 000 milliards de dollars supplémentaires et prit le contrôle de l’avenir du Koweït et de l’Irak.
Aujourd’hui encore, ces deux États parmi les plus riches du monde peinent à se relever.

Le problème majeur du Moyen-Orient, après l’embargo pétrolier, résidait dans l’accumulation massive de capitaux dans le Golfe. Cette manne n’a jamais été absorbée ; les guerres se sont succédé.


Une normalisation inquiétante de la guerre


L’attaque menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran est désormais suivie comme un film d’animation. Il n’y a ni indignation dans les capitales du monde ni réaction émotionnelle notable.

Sun Tzu affirmait :
"Les guerres se gagnent et se perdent avec des alliés."
Pendant des années, l’Iran n’a pas cherché à bâtir un réseau d’alliances ; il a privilégié la confiance en sa propre force. Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré :
"Nous pensions que nos ennemis étaient nos voisins, alors que nos ennemis étaient les impérialistes."

Du point de vue de la politique globale, le caractère religieux et irrationnel de la gouvernance israélienne, ainsi que son attitude visant à transformer la région en un bain de sang, sont connus de tous.

En examinant les vingt-cinq dernières années, on constate également que les dirigeants iraniens n’ont pas mené une politique toujours rationnelle.

L’effacement du droit international


Si l’on pose la question :
"Pourquoi les États-Unis ont-ils attaqué l’Iran ?"
, la réponse reste incertaine du point de vue de leurs propres intérêts.
Que pense la population américaine d’une attaque contre l’Iran et d’un changement de régime ? Deux enquêtes indiquent
qu’entre 21 % et 29 % soutiennent la guerre.
Chez les jeunes, le soutien est très limité. Cela signifie que le leadership de Trump et de Netanyahu ne produit aucun résultat au nom de l’humanité ou de la justice pour le peuple américain.
Il est historiquement établi que les empires, en phase de déclin, ne produisent plus que de la violence. Si l’on parle d’une Amérique alignée sur un Israël animé d’une croyance dévoyée,
il faut mesurer l’ampleur de la catastrophe qui menace l’humanité.

Les concepts occidentaux élaborés depuis un siècle – démocratie, droits de l’homme, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes – ont perdu toute signification face au génocide à Gaza.

Israël a tué 100 000 civils à Gaza ; cela n’a pas fait la une de nombreux grands médias internationaux. Les Iraniens tués lors de manifestations faisaient l’objet d’une couverture médiatique, mais la mort de 150 enfants lors d’une frappe israélienne n’a pas suscité la même sensibilité.

Après la fin de la Guerre froide, les États-Unis ont occupé l’Irak et l’Afghanistan, et ces deux pays n’ont toujours pas retrouvé une capacité étatique pleine et entière.

À mon sens, les États-Unis sont entrés dans une guerre sans calcul. Tout expert doté d’un minimum de lucidité sait qu’un changement de régime dans un État enraciné n’est pas chose aisée.
Netanyahu, responsable de la mort de 100 000 femmes, enfants et civils, promet aujourd’hui la liberté au peuple iranien sans regarder ce qu’il a fait au peuple palestinien.

À l’heure actuelle, dans un monde sans droit, sans Nations unies effectives, l’humanité semble soumise à la loi de la jungle. Jusqu’à l’émergence d’un nouvel ordre mondial, cette fragilité et cet état de guerre persisteront.

Depuis la guerre d’Irak, les droits de l’homme et le droit humanitaire se sont érodés, tout comme la quête de justice de la conscience humaine et l’indignation face à l’injustice.

Notons enfin que l’affirmation selon laquelle l’Iran serait à deux ou trois semaines de produire une arme nucléaire a été répétée vingt fois depuis 2020 sur la scène internationale.
Mais ces deux ou trois semaines ne se sont jamais achevées.
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