France : des enfants contraints de voir un père accusé de violences, des mères dénoncent une faille judiciaire

La rédaction avec
11:0010/02/2026, Salı
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Les associations soulignent que le droit actuel permet déjà au juge de prendre des mesures de protection, mais que celles-ci sont rarement appliquées.
Crédit Photo : Grok / X
Les associations soulignent que le droit actuel permet déjà au juge de prendre des mesures de protection, mais que celles-ci sont rarement appliquées.

En France, des mères dénoncent une situation judiciaire qui contraint des enfants victimes de violences incestueuses à maintenir des contacts avec un parent soupçonné d’agressions, en l’absence de décisions rapides des autorités.

Lorsqu’un enfant accuse son père de violences sexuelles, les mères peuvent être contraintes de continuer à remettre l’enfant au parent mis en cause pendant toute la durée de l’enquête judiciaire, sous peine de sanctions pénales, rapportent des médias français.

C’est ce qu’a vécu une mère de deux enfants, après la découverte en 2019 de contenus pédopornographiques consultés par son mari et de témoignages l’accusant d’attouchements.

Malgré la séparation du couple et les accusations d’agressions formulées par ses enfants, elle a dû accepter que son fils continue de voir son père, sous peine de poursuites pour non-représentation d’enfant.

Selon l’association Face à l’inceste, cette situation reste fréquente.

D’après un sondage Ipsos réalisé en 2023, moins d’une victime sur deux est éloignée de son agresseur, protégée ou accompagnée dans le dépôt d’une plainte, alors qu’une large majorité de la population souhaite une mise à l’abri immédiate des enfants dès la révélation des faits.

Projet de loi

Les associations soulignent que le droit actuel permet déjà au juge de prendre des mesures de protection, mais que celles-ci sont rarement appliquées.

Elles dénoncent également le caractère facultatif des dispositifs existants, qui laisse une large marge d’appréciation aux magistrats.

Dans ce contexte, une proposition de loi visant à instaurer une ordonnance de protection provisoire pour les enfants victimes de violences a été examinée à l’Assemblée nationale.

Le texte prévoit notamment que le procureur puisse décider, dans un délai de 72 heures, de mesures de protection pour l’enfant, comme l’éloignement du parent mis en cause, l’attribution du logement familial au parent protecteur ou l’interdiction de tout contact avec le parent présumé agresseur.

Après son examen en commission le 21 janvier, la proposition de loi a été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, où son parcours parlementaire se poursuit. Elle doit encore être débattue en séance publique, puis examinée par le Sénat avant une éventuelle adoption définitive.


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