France: Rima Hassan dénonce un "harcèlement politique", son avocat conteste la garde à vue

La rédaction avec
10:304/04/2026, samedi
MAJ: 4/04/2026, samedi
AA
Rima Hassan, membre franco-palestinienne du Parlement européen, s'adressant aux journalistes après sa libération de la garde à vue à Paris, France, le 2 avril 2026.
Crédit Photo : Nassim GOMRI / AFP
Rima Hassan, membre franco-palestinienne du Parlement européen, s'adressant aux journalistes après sa libération de la garde à vue à Paris, France, le 2 avril 2026.

L’eurodéputée française Rima Hassan a dénoncé vendredi un "harcèlement judiciaire et politique" qu’elle relie à ses prises de position, notamment sur la question palestinienne, tandis que sa défense conteste la légalité de sa récente garde à vue dans une affaire d’apologie du terrorisme.

Cette prise de parole intervient au lendemain de son placement en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire parisienne, avant sa convocation devant le tribunal correctionnel.

Une procédure contestée par la défense

Lors d’une conférence de presse à Paris, Rima Hassan a affirmé être poursuivie "exclusivement" en raison de ses opinions politiques, soulignant que son engagement en faveur de la Palestine occupée constitue un axe central de son action publique.

Son avocat, Vincent Brengarth, a qualifié la garde à vue de
"parfaitement illégale"
, estimant que le recours à une procédure de flagrance avait permis de contourner l’immunité parlementaire de l’eurodéputée.

La défense avance que le message à l’origine des poursuites, publié sur le réseau social X puis supprimé, l’avait été avant le début de la garde à vue. Elle rappelle également que l’élue s’est présentée à toutes les convocations depuis 2024 et que treize procédures la visant ont été classées sans suite, selon le parquet.

L’avocat a en outre dénoncé des
"violations répétées du secret de l’enquête"
, affirmant avoir pris connaissance d’éléments de l’audition par voie de presse, et a évoqué des irrégularités possibles dans l’inventaire des effets personnels de sa cliente.

Des poursuites maintenues par le parquet

Le parquet de Paris a indiqué que Rima Hassan serait jugée le 7 juillet pour apologie du terrorisme en ligne. Les faits reprochés concernent une publication diffusée fin mars sur X, faisant référence à Kozo Okamoto, impliqué dans l’attaque de l’aéroport de Lod en 1972, qui avait fait 26 morts.

Le signalement à l’origine de la procédure a été effectué par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, avant des plaintes déposées notamment par Organisation juive européenne et la LICRA.

L’infraction d’apologie du terrorisme est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende, peines pouvant être portées à sept ans et 100.000 euros lorsqu’elle est commise en ligne.

Par ailleurs, l’eurodéputée doit comparaître le 16 septembre pour deux autres publications susceptibles de relever de la même qualification pénale.

Une procédure distincte a également été ouverte après la découverte d’une faible quantité de substance lors de la fouille de ses effets personnels. Selon la défense, il s’agirait de CBD, tandis que des analyses évoquent la présence possible de 3-MMC, une drogue de synthèse. Un test urinaire aurait toutefois exclu toute consommation de stupéfiants.

Sur le plan institutionnel, plusieurs responsables de La France insoumise ont dénoncé une atteinte à l’immunité parlementaire. Le parquet a répondu que la garde à vue pouvait être engagée sans levée préalable de cette immunité dans le cadre d’une enquête de flagrance.

Le Parlement européen a indiqué suivre la situation, sans commenter les procédures en cours.

Figure engagée sur la question palestinienne, Rima Hassan fait l’objet de plusieurs signalements depuis 2024.

Selon le parquet de Paris, six procédures la visant sont toujours en cours, tandis que treize autres ont été classées sans suite.

À lire également:


#Rima Hassan
#Apologie du terrorisme
#Kozo Okamoto
#Maître Vincent Brengarth
#eurodéputée
#la france insoumise