OTAN : Paris rejette les critiques sur son soutien à l'Ukraine

La rédaction avec
17:181/06/2026, Pazartesi
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Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte (à droite), et le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, prononcent un discours lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Helsingborg, en Suède, le 22 mai 2026.
Crédit Photo : JONATHAN NACKSTRAND / AFP
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte (à droite), et le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, prononcent un discours lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Helsingborg, en Suède, le 22 mai 2026.

La proposition du secrétaire général de l'OTAN d'instaurer une contribution militaire minimale de 0,25 % du PIB, a finalement été abandonnée faute d'unanimité au sein de l'Alliance.

Une source diplomatique française contactée par Anadolu, a affirmé que la France figurait avec ses partenaires
"parmi les pays les plus engagés en soutien à l'Ukraine",
citant le soutien apporté aux forces armées ukrainiennes, les coopérations industrielles, la coprésidence de la coalition des volontaires ainsi que la lutte contre
"l'effort de guerre russe"
, notamment contre
"la flotte fantôme"
.
Sur le fond du dossier, Mark Rutte avait lui-même
"rapidement constaté"
que sa proposition
"n'était pas adaptée"
, au vu de deux facteurs principaux : la
"diversité des actions fournies par les alliés"
, certains se concentrant sur la fourniture d'équipements militaires, d'autres sur le financement, d'autres encore sur l'appui opérationnel, et la nécessité de répondre
"de manière adéquate aux demandes ukrainiennes"
, a affirmé une source diplomatique française à Anadolu.
La même source a par ailleurs souligné que les demandes ukrainienes passaient désormais non seulement par la livraison de matériels,
"mais surtout"
par des coopérations industrielles et des actions destinées à aider Kyiv à
"faire face aux nouvelles méthodes de l'agression russe"
.

Le soutien à l'Ukraine "n'est pas équitablement réparti au sein de l'OTAN"

Elle a ajouté en outre que la France est
"en contact régulier avec les autorités ukrainiennes pour répondre à leurs besoins et à leur prévisibilité"
, évoquant les rencontres régulières entre le président Volodymyr Zelensky et le chef de l'État français, ainsi que les travaux conduits dans le cadre de la Coalition des volontaires.
Cette réponse intervient après la publication, par le quotidien britannique The Telegraph, d'une enquête révélant que le Royaume-Uni, la France, l'Espagne, l'Italie et le Canada se seraient opposés à la proposition de Mark Rutte lors des discussions préparatoires au sommet de l'OTAN prévu à Ankara.

Selon le journal, qui cite une source interne à l'Alliance, au moins sept États membres auraient soutenu l'initiative. Toute décision de l'OTAN requérant l'unanimité de ses membres, la résistance d'un groupe d'États a suffi à bloquer le projet.

Le journal précise par ailleurs que la plupart des plaintes ciblent des pays à l'instar de la France, l'Espagne, l'Italie et du Canada, auxquels il est souvent reproché de ne pas faire leur part.

Mark Rutte a reconnu, en mai, que la proposition ne bénéficiait pas d'un appui suffisant.
"Je ne pense pas que celle-ci sera proposée"
, a-t-il déclaré aux journalistes, sans nommer les pays réticents, selon The Telegraph. Il a également affirmé que le soutien à l'Ukraine
"n'est pas équitablement réparti au sein de l'OTAN"
, beaucoup d'alliés
"ne dépensant pas assez pour le soutien à l'Ukraine"
, selon le quotidien.

En amont d'une réunion de l'Otan organisée en Suède, mi-mai, le Premier ministre suédois avait exhorté ses alliés à intensifier leur soutien.

"J'aimerais vraiment que davantage de pays, qui s'expriment en des termes si élogieux sur l'Ukraine, joignent également le geste à la parole"
, a déclaré Ulf Kristersson aux journalistes. Ces débats interviennent alors que Moscou multiplie les critiques contre l'aide occidentale à Kiev.

"Comportement irresponsable de la Russie"

Dans ce contexte, fustigeant les critiques de l'Union européenne après le crash d'un drone présumé russe en Roumanie, le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a sommé vendredi les pays européens de
"se taire"
.
Accusant l'UE d'être
"participante directe"
au conflit par ses livraisons d'armes à Kiev, il a averti que ce type d'incident continuerait de se produire tant que les Européens maintiendront leur soutien militaire à l'Ukraine.
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a affirmé que l'Alliance était prête à défendre
"chaque centimètre du territoire allié"
, estimant que
"le comportement irresponsable de la Russie est un danger pour nous tous"
, dans un message publié sur le réseau social américain X.

Face à une armée russe qui accumule du matériel et pourrait, selon lui, à terme menacer l'OTAN, le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a également appelé vendredi à accélérer l'intégration européenne en matière de défense.

Une urgence justifiée, selon lui, par la nécessité de pallier la réduction attendue de l'engagement militaire américain en Europe.Ce débat sur le partage des charges au sein de l'OTAN s'inscrit dans un contexte de pression américaine croissante.

Prenant la parole au Dialogue de Shangri-La, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a estimé que
"l'Europe et l'OTAN ont de grandes décisions à prendre".
L'administration Trump a, à plusieurs reprises, accusé les gouvernements européens de sous-investir dans leurs armées et de dépendre excessivement de la protection américaine, tandis que Donald Trump a à plusieurs reprises évoqué la possibilité de se retirer de l'OTAN.
Pour rappel, le 24 février 2022, la Russie a lancé une opération militaire en Ukraine, ce qui a provoqué de multiples réactions à l’échelle internationale notamment de l'Union européenne et des Etats-Unis, ainsi que l'imposition de sanctions financières et économiques à l'endroit de Moscou contre
"cette guerre d'agression".

Moscou affirme que son intervention vise à protéger les populations russophones du Donbass, tandis que Kiev et ses alliés occidentaux dénoncent une guerre d'agression contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine.


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