Gaz européen : nouvelle flambée de plus de 30% sur fond de paralysie dans le détroit d'Ormuz

La rédaction avec
13:343/03/2026, Salı
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Entre 10 et 15% des importations européennes de gaz proviennent du Qatar.
Crédit Photo : PATRICK T. FALLON / AFP
Entre 10 et 15% des importations européennes de gaz proviennent du Qatar.

Le prix du gaz européen a de nouveau bondi ce mardi, progressant de plus de 30% en séance, sous l’effet des tensions persistantes au Moyen-Orient et de la paralysie du détroit d’Ormuz, passage clé pour les exportations mondiales d’hydrocarbures.

Vers 08H50 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais (Title Transfer Facility), principal hub gazier européen servant de référence pour les transactions sur le continent, grimpait de plus de 23% après avoir progressé de plus de 33% plus tôt dans les échanges, à 59,445 euros le mégawattheure (MWh). Il s’agit d’un niveau inédit depuis février 2023, dans le sillage de la flambée des prix consécutive à la guerre en Ukraine.

Cette nouvelle envolée intervient après la suspension, lundi, de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) par la compagnie publique qatarie QatarEnergy, à la suite d’attaques de drones iraniens visant deux de ses principaux sites de traitement. Le GNL désigne du gaz naturel refroidi à -162°C afin d’être transporté par navire.

Phase délicate de reconstitution de ses réserves

Parallèlement, un responsable iranien a menacé de
"brûler"
tout navire tentant de franchir le détroit d’Ormuz, reliant le golfe Persique à la mer d’Arabie. Environ 20% du commerce mondial de pétrole et de GNL transite par ce couloir maritime étroit, actuellement fortement perturbé.

Entre 10 et 15% des importations européennes de gaz proviennent du Qatar. Si l’essentiel du GNL qatari est destiné aux marchés asiatiques, notamment à la Chine, la réduction du trafic dans le détroit intensifie la concurrence mondiale pour les cargaisons disponibles.

Les analystes soulignent que l’Europe abordait déjà une phase délicate de reconstitution de ses réserves en vue de l’hiver prochain. Selon Jonathan Schroer, d’UniCredit, les stocks européens n’étaient remplis qu’à 30% fin février, contre 62% un an plus tôt.

Lundi, les prix avaient déjà progressé de plus de 20% en début de semaine sur le TTF, le contrat d’avril s’échangeant à 39,20 euros le MWh contre 31,95 euros le 27 février, avant les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran suivies de représailles de Téhéran.

La baisse des niveaux de stockage, combinée aux risques persistants sur les voies d’approvisionnement, accentue la pression sur les marchés européens de l’énergie, dans un contexte de forte dépendance aux importations de gaz naturel liquéfié.


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