Sénégal : une nouvelle loi ouvre la voie à une candidature d’Ousmane Sonko en 2029

La rédaction avec
10:0017/05/2026, dimanche
MAJ: 17/05/2026, dimanche
AFP
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a promulgué une réforme du code électoral susceptible de permettre au Premier ministre Ousmane Sonko de se présenter à la présidentielle de 2029. Le texte modifie les règles liées à la déchéance civique et prévoit une application rétroactive.
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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a promulgué une réforme du code électoral susceptible de permettre au Premier ministre Ousmane Sonko de se présenter à la présidentielle de 2029. Le texte modifie les règles liées à la déchéance civique et prévoit une application rétroactive.

Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a promulgué une loi modifiant certaines dispositions du code électoral et ouvrant la voie à une éventuelle candidature du Premier ministre Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2029.

Le texte, validé une seconde fois par l’Assemblée nationale le 9 mai, avait suscité de vives tensions au sein du parti au pouvoir, Pastef, dans un contexte de spéculations croissantes sur les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Après une première adoption parlementaire le 28 avril, le président Faye avait demandé une révision du texte, évoquant des
"erreurs matérielles".

Cette décision avait provoqué des critiques au sein même de son camp, certains responsables l’accusant de vouloir bloquer la réforme et de nourrir des ambitions présidentielles pour 2029.

Une réforme du code électoral au cœur du débat politique

La nouvelle loi vise à
"réaménager et clarifier"
les conditions de déchéance civique et à harmoniser leur durée, désormais fixée à cinq ans à compter de l’expiration de la peine prononcée.

Le texte prévoit également une application rétroactive de ces dispositions.

Cette réforme pourrait permettre à Ousmane Sonko de retrouver pleinement son éligibilité après sa condamnation pour diffamation en 2023, qui avait entraîné la perte de ses droits civiques et empêché sa candidature à l’élection présidentielle de mars 2024.

À l’époque, Ousmane Sonko avait désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat de remplacement. Ce dernier avait ensuite remporté l’élection présidentielle.

Des tensions persistantes au sommet du pouvoir sénégalais

Compagnons politiques de longue date, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont laissé apparaître plusieurs divergences ces derniers mois, alimentant les interrogations sur l’équilibre du pouvoir au sein du Pastef et sur la succession politique à l’horizon 2029.

Farouche opposant à l’ancien président Macky Sall, Ousmane Sonko avait été condamné en appel en mai 2023 à six mois de prison avec sursis et à des dommages et intérêts dans une affaire de diffamation liée à une plainte déposée par un ancien ministre du régime précédent.

La Cour suprême du Sénégal avait confirmé cette condamnation en janvier 2024, puis rejeté un recours de Sonko en juillet 2025, relançant les débats autour de son éligibilité future.

Malgré cette situation judiciaire, Ousmane Sonko avait été élu député lors des élections législatives de novembre 2024 avant de renoncer à son mandat pour conserver son poste de Premier ministre.

Pour plusieurs responsables du Pastef, cette élection législative constituait déjà une preuve de son éligibilité.

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