Un directeur médical basé à Gaza rejette les accusations de Médecins Sans Frontières sur l’usage présumé abusif des hôpitaux de Gaza

La rédaction avec
17:5916/02/2026, lundi
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Des Palestiniens passent devant la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d'al-Rimal à Gaza, le 11 janvier 2026.
Crédit Photo : OMAR AL-QATTAA / AFP
Des Palestiniens passent devant la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d'al-Rimal à Gaza, le 11 janvier 2026.

Le Dr Tariq Lubani, médecin urgentiste et directeur médical de Glia International, a rejeté les accusations formulées par Médecins Sans Frontières (MSF) selon lesquelles des hôpitaux de Gaza seraient utilisés en violation du droit international humanitaire. Selon lui, ces affirmations ne reflètent pas la réalité du terrain.

S’exprimant depuis l’hôpital Nasser, dans le sud de Gaza, Lubani a déclaré qu’il ne partage pas les évaluations suggérant que des groupes palestiniens utiliseraient des infrastructures médicales à des fins non civiles.

"Je travaille dans cet hôpital tous les jours depuis un mois. Je me rends en Palestine depuis de nombreuses années, en temps de guerre comme en temps de paix. Je n’ai rien vu qui puisse étayer les accusations non fondées portées par MSF contre les Palestiniens, et aucun membre de notre équipe non plus. Les Palestiniens prennent très au sérieux leurs responsabilités et le caractère civil de ces hôpitaux"
, a-t-il affirmé à Anadolu.

Le médecin a rappelé qu’il soutient le système de santé de Gaza depuis plus de quinze ans, à travers des missions de terrain et des projets d’ingénierie médicale, soulignant qu’il n’a jamais été témoin de pratiques susceptibles de confirmer de telles allégations. Il a insisté sur le fait que les hôpitaux palestiniens continuent de respecter leur mission civile et humanitaire.

Lubani a également évoqué les attaques passées contre l’hôpital Nasser, au cours desquelles personnels soignants et patients ont été touchés, avertissant que des déclarations formulées dans ce contexte pourraient aggraver encore les risques sur le terrain.

"Ce type de déclaration va coûter des vies palestiniennes. Les Israéliens ont déjà attaqué cet hôpital, enseveli des patients sous ses décombres, tué des médecins, des infirmiers et d’autres professionnels de santé. À ce jour, des dizaines de personnes liées à cet hôpital sont toujours emprisonnées"
, a-t-il déclaré.
Il a ajouté que
"la neutralité médicale ne peut exister lorsque l’une des parties est en mesure de tuer et de massacrer l’autre en toute impunité"
, estimant que MSF a le devoir de défendre la sécurité des Palestiniens.

Le Dr Lubani a appelé les organisations internationales à fonder leurs prises de position sur des informations vérifiées, réaffirmant sa solidarité avec les soignants de Gaza et soulignant l’importance cruciale de la protection de la neutralité médicale.

Samedi, MSF a annoncé la suspension de toutes les opérations médicales non urgentes à l’hôpital Nasser, invoquant des violations de sécurité représentant des menaces "graves" pour son personnel et ses patients.

L’ONG, basée à Genève, a indiqué avoir constaté une augmentation des signalements faisant état de la présence d’hommes armés dans certaines zones de l’enceinte hospitalière, depuis le cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre Israël et Hamas en octobre de l’année dernière.


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