
Les géants de la technologie exploitent des pixels de suivi invisibles pour collecter des données personnelles d’internautes, y compris de personnes ne disposant d’aucun compte sur leurs plateformes.
Ces données sont utilisées pour cibler plus précisément les publicités, augmentant significativement leur efficacité.
Profils fantômes et surveillance étendue
Les adresses IP et les empreintes numériques des navigateurs permettent aux entreprises de construire des identités numériques cohérentes. Si une personne crée ultérieurement un compte, des années de données comportementales accumulées peuvent être instantanément associées à ce nouveau profil.
D’après ce rapport, Google peut observer des données d’utilisateurs sur environ 70% des sites visités. Microsoft suit 30% des sites et Facebook 19,7%. La maison mère de TikTok, ByteDance, disposerait de traceurs sur environ 5% des sites web.
Données de santé et risques juridiques
Ces pixels transmettent notamment des informations sur les cliniques consultées ou les pathologies recherchées par les patients à des entreprises technologiques. Le système de santé à but non lucratif Advocate Aurora Health a ainsi utilisé Meta Pixel et Google Analytics pour améliorer ses services, selon l’étude.
Ces outils auraient transmis les données de santé personnelles d’environ trois millions de patients à des sociétés tierces, débouchant sur un recours collectif d’ampleur.
Les entreprises doivent obtenir un consentement explicite, libre et éclairé pour tout suivi non essentiel à des fins publicitaires ou de profilage. Aux États-Unis, le partage de données sensibles sans consentement peut entraîner de lourdes sanctions. Plus de 50 recours collectifs ont été déposés contre Meta Platforms et Google concernant l’usage de pixels dans le secteur de la santé.
La Federal Trade Commission a qualifié l’utilisation non divulguée de pixels de suivi de pratique trompeuse et a infligé des amendes totalisant plusieurs millions de dollars.









