La Türkiye condamne la décision d’Israël concernant l’enregistrement des terres en Cisjordanie

La rédaction avec
09:4216/02/2026, Pazartesi
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Des agriculteurs palestiniens du village de Burqa conduisent leur tracteur devant une clôture décorée de drapeaux israéliens installée par des colons juifs après avoir annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026.
Crédit Photo : JAAFAR ASHTIYEH / AFP
Des agriculteurs palestiniens du village de Burqa conduisent leur tracteur devant une clôture décorée de drapeaux israéliens installée par des colons juifs après avoir annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026.

La Türkiye a vivement dénoncé, dimanche, la décision prise par Israël concernant l’enregistrement de terres en Cisjordanie occupée, estimant qu’elle enfreint le droit international.

Plus tôt dans la journée, les autorités israéliennes ont validé un projet visant à inscrire de vastes portions de la Cisjordanie comme "propriété de l’État", une initiative inédite depuis l’occupation du territoire par Israël en 1967.

Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a affirmé que cette mesure cherche à consolider l’"autorité" d’Israël sur la Cisjordanie et à intensifier la colonisation.

Selon Ankara, cette démarche, qui entraînerait le déplacement forcé de Palestiniens et accélérerait une annexion jugée illégale, constitue une violation flagrante du droit international et ne saurait avoir de validité juridique.

Le ministère a également souligné qu’Israël ne dispose d’aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés, accusant le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de compromettre les efforts de paix et de fragiliser la perspective d’une solution à deux États.

La Türkiye a appelé la communauté internationale à adopter une position claire face aux initiatives israéliennes visant à imposer des faits accomplis sur le terrain, tout en réaffirmant son soutien à la création d’un État palestinien indépendant, souverain et territorialement continu sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

D’après le diffuseur public israélien KAN, la proposition émane du ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich, du ministre de la Justice Yariv Levin et du ministre de la Défense Israel Katz. Le quotidien Israel Hayom avait indiqué que l’objectif initial serait de coloniser progressivement 15 % de la zone C d’ici 2030.

Selon l’Accord d’Oslo II signé en 1995, la zone A relève du contrôle palestinien intégral, la zone B d’un contrôle civil palestinien avec sécurité israélienne, tandis que la zone C, soit environ 61 % de la Cisjordanie, demeure sous contrôle total d’Israël. L’accord autorise l’Autorité palestinienne à enregistrer des terres uniquement dans les zones A et B, excluant la zone C.

Cette décision s’ajoute à une série de mesures adoptées récemment par le Cabinet de sécurité israélien pour étendre la construction de colonies et renforcer le contrôle de Tel-Aviv sur la Cisjordanie occupée.

Parmi elles figureraient la suppression d’une interdiction de vente de terres à des colons israéliens, la réouverture de registres fonciers scellés et le transfert de compétences en matière de permis de construire, notamment dans un bloc de colonies près d’Hébron, au profit de l’administration civile israélienne.

Depuis le lancement de son offensive militaire à Gaza le 8 octobre 2023, Israël a intensifié ses opérations en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Les Palestiniens considèrent cette dynamique, marquée par des arrestations, des déplacements et l’expansion des colonies, comme une étape vers une annexion formelle.

Dans un avis consultatif rendu en juillet 2024, la Cour internationale de Justice a jugé illégale l’occupation israélienne des territoires palestiniens et appelé au démantèlement des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.


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