
L’accumulation militaire opérée par l’administration Trump au Moyen-Orient correspond à la plus importante présence américaine dans la région depuis la guerre d’Irak. Si les négociations prévues jeudi à Genève n’aboutissent pas à un accord, la probabilité d’une attaque américaine contre l’Iran augmentera nettement.
Conscient de la difficulté d’obtenir simultanément toutes ces concessions, le camp américain a récemment laissé apparaître dans les médias des scénarios évoquant la possibilité pour l’Iran de conserver un programme nucléaire limité et civil. Pourtant, renoncer à l’enrichissement de l’uranium reviendrait pour Téhéran à abandonner des acquis obtenus au prix de lourds sacrifices et à fragiliser la survie même du régime.
Du point de vue de Trump, après une telle démonstration de puissance militaire, un retrait sans proclamation de victoire semble politiquement difficile. À défaut d’un succès diplomatique, des frappes visant les installations nucléaires, balistiques ou certaines bases militaires iraniennes apparaissent comme une option probable.
Une telle évolution offrirait certes un avantage psychologique aux États-Unis, mais rendrait presque inévitable une riposte iranienne contre des cibles américaines et israéliennes. L’Iran conserve notamment des options stratégiques majeures, telles que la fermeture du détroit d’Ormuz ou le ciblage de pétroliers, capables de provoquer un choc mondial affectant l’économie internationale et les marchés américains.
Durant ses deux mandats, Trump a régulièrement critiqué les guerres interminables des États-Unis tout en n’hésitant pas à recourir à la force militaire. Des opérations ont été ordonnées en Syrie, au Yémen, en Iran ou encore au Venezuela. Lors de la guerre dite des 12 jours avec l’Iran, il avait veillé à maintenir un conflit limité afin de pouvoir proclamer rapidement une victoire et se retirer.
Si le régime iranien devait considérer la confrontation comme existentielle, ses représailles pourraient viser non seulement les États-Unis et Israël, mais également leurs alliés régionaux.
L’entrée directe de Washington dans la rivalité régionale Iran-Israël avait déjà été partiellement expérimentée lors de la guerre des 12 jours, marquée par une confrontation contrôlée permettant aux deux camps de revendiquer un succès. Cette fois, un véritable état de guerre pourrait entraîner des développements imprévisibles et porter l’instabilité régionale à son paroxysme.
Hormis Israël, Washington aurait des difficultés à trouver des alliés prêts à entrer en guerre contre l’Iran. Certains États pourraient coopérer par contrainte stratégique, mais aucun pays régional ne semble disposé à s’engager directement dans un tel conflit. Israël lui-même privilégierait un scénario dans lequel les États-Unis mèneraient l’affrontement.
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