Semi-conducteurs: Washington obtient des investissements taïwanais massifs

11:5816/01/2026, vendredi
AFP
Les États-Unis concluent un accord majeur avec Taïwan pour développer la production de semi-conducteurs sur leur sol en échange d’une baisse des droits de douane.
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Les États-Unis concluent un accord majeur avec Taïwan pour développer la production de semi-conducteurs sur leur sol en échange d’une baisse des droits de douane.

Les États-Unis ont conclu un accord majeur avec Taïwan pour que la production de semi-conducteurs soit développée massivement sur le sol américain et réduire ainsi leur dépendance, en échange d'une baisse des droits de douane sur les produits taïwanais.

"Nous avons besoin de ces semi-conducteurs pour notre sécurité nationale, qu'ils soient fabriqués aux États-Unis"
, a déclaré jeudi sur CNBC le ministre américain au Commerce, Howard Lutnick, en officialisant l'accord après des mois de négociations.

"Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un pays situé à près de 15.000 km pour nous livrer ces produits qui sont essentiels à notre sécurité nationale"
, a-t-il ajouté, invoquant le besoin des États-Unis d'être
"autosuffisants"
.

L'accord, contre lequel la Chine a rapidement protesté, prévoit des investissements
"d'au moins 250 milliards de dollars"
aux États-Unis par les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs afin d’y développer la production, notamment de puces avancées.

Il inclut également 250 milliards de dollars de garanties de crédit destinées à
"renforcer l'écosystème et la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs aux États-Unis"
, a indiqué le ministère du Commerce dans un communiqué.

"Notre objectif est d'amener 40% de la chaîne d'approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux États-Unis"
, a déclaré M. Lutnick sur CNBC.

Selon le communiqué, le gouvernement de Taipei devra, de son côté, soutenir les investissements américains dans l'industrie taïwanaise des semi-conducteurs, l'intelligence artificielle (IA) et les technologies de défense.

Taïwan fabrique plus de la moitié des puces au niveau mondial, et presque la totalité des plus avancées, utilisées aussi bien dans les smartphones que dans les centres de données nécessaires à l’IA.


Cette domination est considérée comme un
"bouclier de silicium"
pour la sécurité de l'île, susceptible de la protéger d'un blocus ou d'une invasion par la Chine communiste et d'inciter les États-Unis à la défendre.

La Chine a réagi en clamant son opposition
"systématique et résolue à tout accord ayant des implications en matière de souveraineté ou un caractère officiel, signé entre des pays avec lesquels elle a des relations diplomatiques et la région chinoise de Taïwan"
, selon un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

Il a exhorté Washington à
"respecter scrupuleusement le principe d'une seule Chine"
, Pékin revendiquant Taïwan comme partie intégrante de son territoire.

Accord "durement gagné"


Le Premier ministre taïwanais, Cho Jung-tai, a salué un accord commercial
"durement gagné"
et félicité les négociateurs de l'île pour avoir réussi un
"coup de maître"
. L'accord doit encore être validé par le Parlement taïwanais, contrôlé par l'opposition.

La présidente du parti Kuomintang, Cheng Li-wun, favorable à des liens plus étroits avec Pékin, a toutefois mis en garde contre le risque de voir ces investissements
"vider"
l'économie taïwanaise.

"D'après les prévisions actuelles, Taïwan restera le premier producteur mondial de semi-conducteurs pour l'IA, non seulement pour les entreprises taïwanaises, mais aussi à l'échelle mondiale"
, a affirmé le ministre taïwanais des Affaires économiques, Kung Ming-hsin.

Les négociations entre Taipei et Washington avaient débuté en avril, dans le contexte de la politique commerciale offensive du président américain Donald Trump. Celui-ci avait initialement menacé d'imposer une taxe douanière de 32% sur les exportations taïwanaises, avant de l'abaisser à 20%.

L'accord annoncé jeudi ramène finalement ce taux à 15%, alignant les droits de douane appliqués aux produits taïwanais sur ceux visant les produits européens ou japonais.


Les produits soumis à des droits sectoriels, comme les pièces automobiles ou le bois de construction, ne seront pas taxés au-delà de 15%. Les médicaments génériques, leurs principes actifs, certaines ressources naturelles indisponibles aux États-Unis et les composants aéronautiques seront, eux, exemptés de droits de douane.

Le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, dont le bénéfice net a bondi de 35% au quatrième trimestre 2025, avait déjà annoncé début 2025 un investissement supplémentaire de 100 milliards de dollars aux États-Unis.


Selon M. Lutnick, le groupe a acquis des terrains et pourrait renforcer sa présence en Arizona à la faveur de cet accord.


TSMC s'est félicité dans un communiqué de
"la perspective d'accords commerciaux solides entre les États-Unis et Taïwan"
, estimant que des relations commerciales renforcées sont essentielles pour garantir une chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs résiliente.

Après une hausse de 4,5% à Wall Street, le titre TSMC progressait encore d'environ 3% à la Bourse de Taipei vendredi.

Mercredi, Washington a par ailleurs annoncé l'imposition de droits de douane de 25% sur les semi-conducteurs transitant par les États-Unis avant d’être réexportés. Selon le ministère américain du Commerce, les fabricants taïwanais investissant aux États-Unis bénéficieront toutefois d'un traitement tarifaire plus favorable.


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