"Tariq Ramadan a hâte de pouvoir se défendre et prouver son innocence", selon son avocat

La rédaction avec
11:596/03/2026, vendredi
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Tariq Ramadan considère en outre que, dans cette affaire, il était question de le "viser en tant que figure musulmane qui revendique la présence des Européens de confession musulmane".
Crédit Photo : FABRICE COFFRINI / AFP
Tariq Ramadan considère en outre que, dans cette affaire, il était question de le "viser en tant que figure musulmane qui revendique la présence des Européens de confession musulmane".

Hospitalisé en Suisse depuis le 27 février après avoir été admis aux urgences, Tariq Ramadan n’a pas été en mesure de se présenter, lundi 2 mars, devant la cour criminelle départementale de Paris pour l’ouverture de son procès.

Face à une situation médicale qui demeure fragile, ses avocats réclament le renvoi du procès initialement prévu pour durer quatre semaines.

Ils souhaitent ainsi que le droit de l’islamologue à être présent à son propre procès puisse être respecté, a indiqué mercredi son avocat, Me Ouadie Elhamamouchi, dans un entretien accordé à Anadolu.

Il estime en effet que l’islamologue doit pouvoir participer aux débats judiciaires dans des conditions médicales adaptées et qu’il s’agit avant tout d’un droit fondamental : celui d’être présent lors de son propre procès.
"Tariq Ramadan est malade, il a été admis aux urgences le 27 février et est hospitalisé depuis. Nous avons sollicité le renvoi eu égard au fait qu’il était malade et qu’il a le droit d’assister à son propre procès. Et c’est aussi un droit d’assister à son propre procès dans des conditions médicales sereines, or ce n’est pas le cas aujourd’hui. La décision sera prise demain (jeudi)"
, déclare Me Elhamamouchi.

La défense estime qu’un renvoi est nécessaire, tandis qu’une expertise médicale est toujours attendue.

"Il est très très déçu que le procès puisse se tenir à huis clos"

Il assure qu’il
"n’y a pas d’autre solution que le renvoi puisqu’on a déjà perdu une semaine"
et que les parties et la cour sont
"toujours en attente de l’expertise médicale".
Selon son avocat, l’état de santé de Tariq Ramadan, qui est
"atteint d’une sclérose en plaques"
, s’est dégradé avec
"des complications"
qui ont conduit à son hospitalisation.
Malgré cette situation médicale, l’islamologue souhaite absolument pouvoir participer activement à son procès afin d’exposer sa version des faits.
"Tariq Ramadan a hâte de pouvoir se défendre et de pouvoir prouver son innocence pour aboutir à la manifestation de la vérité"
, assure Me Elhamamouchi, qui fait également état de la déception de son client concernant la tenue du procès à huis clos, alors qu’il souhaitait que les débats soient publics.
"Il est très très déçu que le procès puisse se tenir à huis clos puisqu’il avait justement envie que tout le monde puisse voir ses explications et les explications de sa défense pour que la manifestation de la vérité apparaisse au grand jour"
, selon son avocat.

Lynchage médiatique

Enfin, la défense insiste sur le fait que
"Tariq Ramadan collabore pleinement avec la justice sur le plan médical alors qu’il n’en était pas dans l’obligation"
.
"Il a enjoint ses médecins à collaborer pleinement avec la justice par soucis de transparence"
, conclut son conseil, qui espère que Tariq Ramadan pourra bénéficier d’un procès se tenant dans des conditions sereines.
L’immense retentissement médiatique des accusations portées contre celui qui, pendant 40 ans, a rempli des milliers de salles de conférences, a eu une teneur particulière dans l’Hexagone.

Au-delà du mouvement "MeToo", c’est bien le profil de Tariq Ramadan qui a généré une couverture médiatique exceptionnelle.

"J’ai parfois eu l’impression que ce n’est pas un homme que l’on a à juger, mais bien ce qu’il représente. C’est Tariq Ramadan l’islamologue, l’intellectuel, qui est accusé"
, expliquait-il récemment dans un entretien exclusif accordé à Anadolu.
Lors de son premier procès en Suisse, il relatait avoir exhorté le tribunal devant lequel il comparaissait à le
"juger comme un citoyen suisse en oubliant (son) nom"
et assurait avoir
"la certitude que (s’il) ne s’appelait pas Tariq Ramadan"
, cette affaire
"n’aurait jamais existé"
.
L’enseignant de 62 ans pointait à cet effet
"ceux qui, au nom de la détestation d’un homme"
, ont plongé tête baissée dans un lynchage médiatique visant à
"le couper de sa base"
.

Menace et harcèlement

S’agissant par ailleurs de certains profils de ceux qui ont porté de lourdes accusations contre lui, il expliquait que l’une des plaignantes
"est proche de l’extrême-droite"
et soutient Marine Le Pen, tandis qu’un militant proche des mêmes milieux a été incarcéré pour l’avoir menacé et harcelé depuis le début de l’affaire.
Tariq Ramadan considère en outre que, dans cette affaire, il était question de le
"viser en tant que figure musulmane qui revendique la présence des Européens de confession musulmane"
.

Pour rappel, après avoir été acquitté puis condamné en appel par la justice suisse, Tariq Ramadan doit désormais faire face à la justice française pour des accusations de viols sur trois femmes.


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