Burundi: la condamnation d'une journaliste ramenée de quatre ans à six mois de prison en appel

La rédaction avec
17:4813/04/2026, lundi
AFP
La journaliste burundaise Sandra Muhoza.
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La journaliste burundaise Sandra Muhoza.

Une cour d'appel du Burundi a partiellement relaxé et ramené à six mois de prison la peine de la journaliste burundaise Sandra Muhoza, condamnée en première instance à quatre ans de prison pour "atteinte à l'intégrité du territoire et aversion raciale", selon l'arrêt obtenu lundi par l'AFP.

Journaliste du média en ligne La Nova Burundi, Sandra Muhoza est restée presque deux ans en détention avant d'être remise en liberté provisoire en mars dernier. Elle était apparue très affaiblie lors d'une comparution en décembre 2025.

Selon l'arrêt signé lundi par le greffe et confirmé par un de ses avocats, la cour d'appel l'a déclarée non coupable
"d'atteinte à l'intégrité du territoire"
, confirmant uniquement sa culpabilité du délit d'aversion raciale, punissable de six mois à deux ans de prison et/ou d'une amende.
L'aversion raciale est, selon le code pénal burundais, caractérisée par le fait de
"manifester de l'aversion ou de la haine raciale ou ethnique"
ou d'inciter, encourager ou commettre un
"acte de nature à provoquer cette aversion ou cette haine".
"Nous ressentons un sentiment de satisfaction car elle était accusée d'atteinte à l'intégrité du territoire sans fondement"
et
"a passé deux ans en prison pour rien"
, a réagi Me Eric Ntibandetse, l'un des avocats de la journaliste.

"Considérer le journalisme comme un crime"

Il a rappelé que les propos l'ayant fait condamner avaient été échangés au cours d'une discussion par messagerie au sein d'un groupe privé de journalistes.

Selon l'ONG Reporters Sans Frontières, il était reproché à la journaliste d'avoir évoqué une présumée distribution d'armes par les autorités à des jeunes du parti au pouvoir.

Placée en détention en avril 2024, la journaliste avait été initialement condamnée quelques mois plus tard à un an et neuf mois de prison. La cour d'appel de Bujumbura avait annulé cette décision en mai 2025 et renvoyé l'affaire devant un nouveau tribunal de première instance qui l'avait condamnée à quatre ans de prison ferme.

"Nous sommes très soulagés"
, a réagi auprès de l'AFP un des proches de la journaliste, soulignant qu'elle avait passé
"presque deux très dures années en prison pour une peine de six mois au final".
"Dans un pays normal on demanderait une compensation, ce qui n'est pas le cas du Burundi malheureusement"
, a-t-il ajouté.
Le Burundi pointe au 125e rang (sur 180 pays) du classement 2025 de la liberté de la presse de RSF.
En janvier, l'ONG estimait que la condamnation de Sandra Muhoza
"montre les intentions réelles des autorités judiciaires (du Burundi): continuer à considérer le journalisme comme un crime".

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