
Des dispositions sont en cours pour permettre aux membres d’un comité technocratique chargé de l’administration de la bande de Gaza de se rendre depuis l’enclave vers l’Égypte, afin d’y tenir leur première réunion prévue jeudi ou vendredi, a indiqué une source palestinienne à Anadolu.
Ce comité s’inscrit dans un plan proposé par le président américain Donald Trump visant à gérer Gaza après la guerre menée par Israël contre le territoire, conflit qui a fait plus de 71 000 morts et plus de 171 000 blessés depuis octobre 2023.
S’exprimant sous couvert d’anonymat, la source a précisé que les membres du comité ont été officiellement informés de leur nomination et commenceront à exercer leurs fonctions respectives dès la tenue de la première réunion.
Citant quatre responsables et six personnes proches du dossier, The New York Times a rapporté mardi soir que les États-Unis sont sur le point d’annoncer officiellement la formation du comité, qui devrait être présidé par Ali Shaath.
La première réunion devrait se tenir au Caire jeudi ou vendredi, selon la source palestinienne. Aucune réaction officielle n’a pour l’instant été publiée par l’Autorité palestinienne, l’Égypte ou les États-Unis.
Le comité regroupe des universitaires, des professionnels et des figures de la société civile, choisis pour leur expertise technique afin de gérer les secteurs les plus urgents de Gaza, en réponse à l’ampleur de la crise humanitaire, selon la source et des médias palestiniens.
Environ 90 % des infrastructures de Gaza ont été détruites par Israël durant la guerre, et les coûts de reconstruction sont estimés par les Nations unies à près de 70 milliards de dollars.
Une première phase d’un accord de cessez-le-feu est entrée en vigueur le 10 octobre 2025, mais Israël l’a violée à plusieurs reprises, causant la mort de 447 Palestiniens et faisant 1 246 blessés jusqu’à mardi, d’après le ministère de la Santé de Gaza.
Composition du comité
Ali Shaath, ancien vice-ministre palestinien de la Planification, devrait présider le comité, en raison de son expertise en planification, développement et infrastructures, selon des sources locales et des médias palestiniens et internationaux.
Omar Shamaly, directeur exécutif de la Compagnie palestinienne des télécommunications à Gaza, devrait être chargé du portefeuille des télécommunications, alors que les réseaux nécessitent une reconstruction majeure après les destructions massives.
Abdel Karim Ashour, président de l’Association de secours agricole et militant de la société civile, devrait superviser le secteur agricole, gravement affecté par le nivellement des terres, les destructions et les restrictions d’accès imposées par Israël.
Le secteur de la santé devrait être confié au Dr Aed Yaghi, président de l’Association de secours médical, dans un contexte où le système de santé de Gaza s’est largement effondré sous la pression de la guerre.
Israël a bloqué l’entrée des quantités convenues de médicaments, de fournitures médicales, de nourriture et de matériaux d’hébergement, plongeant environ 2,4 millions de Palestiniens — dont près de 1,5 million de déplacés — dans des conditions humanitaires critiques.
Le comité devrait également inclure Aed Abu Ramadan, président de la Chambre de commerce de Gaza, pour le commerce et l’économie ; Jabr Al-Daour, président de l’Université de Palestine, pour l’éducation ; Bashir Al-Rais, consultant en ingénierie, pour les finances ; et Ali Barhoum, directeur exécutif du Conseil des services conjoints dans le sud de Gaza, pour l’eau et les services municipaux.
L’avocate Hanaa Terzi devrait être chargée des affaires sociales et des questions liées aux femmes, tandis qu’Arabi Abu Shaaban devrait superviser l’administration foncière et Mohammed Bseiso le secteur judiciaire.
En matière de sécurité, des médias évoquent Mohammed Tawfiq Helles et Mohammed Nesman pour la supervision des affaires policières et sécuritaires, dans une phase axée sur le rétablissement de l’ordre public et la protection des civils.
Réunions interpalestiniennes
Selon le plan de Donald Trump, le comité technocratique fonctionnerait sous la supervision d’un « Conseil de la paix », dirigé par Trump et composé de dirigeants internationaux qui seront désignés ultérieurement, d’après The New York Times.
Le plan prévoit également un cessez-le-feu, un échange de prisonniers, le désarmement du Hamas, le retrait total d’Israël de Gaza et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.
Le Hamas a annoncé mardi soir l’arrivée au Caire d’une délégation de haut niveau conduite par Khalil al-Hayya, afin de discuter de la mise en œuvre complète du cessez-le-feu et de la réouverture du point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte.
La délégation devrait également rencontrer les dirigeants d’autres factions palestiniennes pour examiner les développements politiques et militaires à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Israël a retardé le lancement de la deuxième phase du cessez-le-feu, la conditionnant à la récupération des dépouilles de son dernier captif à Gaza, tandis que le Hamas a indiqué que cette opération pourrait prendre du temps en raison de l’ampleur des destructions.









